UQAMAngoisse chez les stagiaires à l’UQAM

Avatar Vincent Orellana-Pepin30 octobre 20203 min

Alors que la plupart des étudiants et des étudiantes ne verront pas l’intérieur d’une salle de cours et leurs collègues de classe possiblement jusqu’à la session d’automne 2021, d’autres se retrouvent forcé(e)s de compléter leurs stages en présentiel au risque de s’exposer à la COVID-19.

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L’étudiant de deuxième année à l’UQAM au baccalauréat en enseignement de l’éducation physique, Shawn Lafortune, a vu son stage, et celui de ses collègues de classe, être annulé à la session d’hiver 2020. « Quand ça arrive aussi soudainement, c’est sûr que c’est inquiétant », dit-il en insistant sur le fait que personne ne semblait savoir exactement quels impacts ces circonstances auraient sur son cheminement universitaire. 

L’inquiétude de Shawn Lafortune provient de la confusion entourant le déroulement de son stage à l’automne 2020. Il soutient que l’UQAM traite les cas de chacun des étudiant(e)s individuellement et qu’il n’y a pas de ligne directrice sur laquelle peut se baser la communauté étudiante.

Faute de régulation ou d’une alternative claire, ce dernier se retrouve avec peu d’options. Il se sent dans l’obligation de se présenter à son stage, bien qu’il connaisse les risques qui y sont associés. « Je crois que nous envoyer en milieu scolaire en ce moment fait preuve de vision à court terme. On nous traite vraiment comme de la chair à canon », affirme-t-il. 

Difficultés additionnelles sur le terrain

L’étudiante au baccalauréat en biochimie à l’UQAM Brenda Andine Wetie Fandio a vécu une expérience similaire. Considérée comme service essentiel, l’usine de levure Fleischmann à LaSalle a pu l’accueillir pour son stage en entreprise de 12 semaines à l’été 2020. Elle affirme que le port du masque peut sembler être un inconvénient banal dans son domaine, mais que ce n’est certainement pas le cas. « Mes collègues et moi devions travailler avec des produits atteignant souvent des températures avoisinant les 70 degrés Celsius. Les températures dans les laboratoires atteignaient régulièrement les 40 degrés », raconte-t-elle. 

Elle explique qu’en temps normal, ces conditions sont difficiles pour quiconque, mais que le port du masque face à de telles températures engendre un terrible inconfort. Mme Wetie Fandio ajoute : « Cela a eu un énorme impact sur la manière de réaliser le travail qui m’était assigné.» 

De plus, la pandémie a forcé Mme Wetie Fandio et certain(e)s de ses collègues de classe ayant également des stages en entreprise d’accélérer leur travail. « La production dans l’usine devait rouler à un plus haut niveau pendant la pandémie », précise-t-elle. Cette augmentation de cadence en milieu d’apprentissage entraîne une difficulté additionnelle à acquérir les compétences nécessaires à la formation des étudiants et des étudiantes.   

Inquiétude concernant la formation

L’étudiant en enseignement de l’éducation physique à l’UQAM Vincent Lebrasseur réalisera son stage du 16 novembre au 9 décembre 2020 à l’école secondaire Père-Marquette dans le quartier Rosemont à Montréal. Il dit qu’il « semble cheminer dans un milieu pauvre en information ». Il court toujours le risque de voir une des classes de son stage annulée et de devoir donner le cours virtuellement.

« Nous n’avons reçu aucune information de la part de personne sur comment intervenir si les cours se font à distance », explique l’étudiant. Il indique que ces conditions entraînent non seulement une diminution de la motivation des stagiaires, mais également de celle des élèves.  

Selon lui, cette impression de marcher aveuglément est présente chez tous les partis. « Il y a un manque de communication à tous les niveaux. Que ce soit les enseignants, les étudiants, les superviseurs ou les administrateurs, personne ne communique adéquatement », affirme M. Lebrasseur. 

Il considère que le plus grand désavantage des conditions de stage actuelles se trouve dans l’incapacité des superviseur(e)s d’évaluer les stagiaires en personne. Vincent Lebrasseur et ses camarades de classe devront se filmer en effectuant leurs tâches en classe et leurs superviseur(e)s n’auront que les vidéos pour faire leurs évaluations. « Ce n’est pas du tout idéal pour apprendre et nous avons certainement peur de ne pas recevoir une formation adéquate », dit-il.  

Mention photo: Montréal Campus

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