OpinionVotre opinionPour une nouvelle délégation critique et redevable au conseil d’administration de l’UQAM

Avatar Collectif26 octobre 20204 min

Depuis près de quinze ans, la participation étudiante au conseil d’administration de l’UQAM (CA) a été redéfinie et notre approche en rapport à cette instance s’est modifiée. Auparavant, une profonde dissonance marquait l’apport des étudiant·es qui y siégeaient au regard de la prise des décisions au sein de la communauté étudiante. En effet, autrefois, la partie étudiante au CA ne s’affirmait pas comme les représentant·es de l’ensemble des étudiant·s et ne s’exprimait qu’en fonction de ses propres vues et opinions. Nous avons depuis, et à raison, rompu avec cette approche contraire à nos valeurs démocratiques.

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Le CA se prononce sur tous les aspects de la vie universitaire, notamment académiques, réglementaires et financiers. Malgré son rôle de premier plan dans ce qui advient et adviendra de l’UQAM, il constitue une instance repliée sur elle-même et, conséquemment, très peu représentative des intérêts et des volontés des membres de la communauté qu’il chapeaute pourtant. La sous-représentation des étudiant·es, professeur·es, chargé·es de cours, employé·es de soutien et employé·es étudiant·es en constitue le principal exemple.

Ces dernières années, la partie étudiante a fait preuve d’audace, de transparence et a su incarner la voix étudiante, mais aussi la dissidence au CA. En outre, l’information partagée par la partie étudiante a su alimenter nombre de réflexions, de débats et de moyens d’action. La dérive autoritaire de l’UQAM a pris de nouveaux tournants dans les dernières années. En poursuite des dérives sécuritaires et austères, la dérive actuelle s’attaque maintenant directement au semblant de démocratie uqamienne, et ce, sous plusieurs formes : 

  • L’imposition d’une nouvelle pratique d’embargo, élargissant ainsi la mise sous confidentialité des documents du CA et empêchant les délégué·es de consulter leur communauté pour se positionner ; 
  • L’envoi de documents de préparation le jour même de la rencontre du CA, ce qui va à l’encontre des règlements et qui empêche à nouveau la consultation ; 
  • La création par la rectrice de nouvelles instances qui outrepassent les instances uqamiennes déjà existantes et où les individus qui y siègent sont choisis de façon discrétionnaire, sans avoir à être nommé·es par leur communauté et sans aucun devoir de redevabilité ; 
  • La présentation au CA de résolutions proposées par la direction, outrepassant ainsi la Commission des études ;
  • La récente restructuration de l’UQAM, sans consultation de la communauté et sous embargo. 

Cela est sans compter la pratique de faire taire des débats sur des enjeux d’une grande importance pour la communauté, par exemple au moment de l’adoption de la Politique visant à prévenir et à combattre le sexisme et les violences à caractère sexuel (Politique 16), ou celle de la Direction d’outrepasser la Commission des études sur certaines recommandations académiques pour faire passer ses propres propositions au CA.

Face à ces dérives, une vigilance de tous les instants et la consultation des étudiant·es sur les enjeux qui les concernent revêtent plus que jamais une très grande importance à nos yeux. Cette nécessité d’avoir une délégation proche de la communauté étudiante d’autant plus grande dans le contexte présent de la pandémie de Covid-19, alors que de nombreux enjeux découlent de la distanciation et la formation à distance.

Notre engagement était clair : par une étroite collaboration avec les associations facultaires étudiantes, défendre les intérêts des étudiants·es de notre université, les informer des enjeux à venir et des décisions prises par le CA. Dans ce même état d’esprit, nous nous étions engagés·es à la redevabilité et à l’imputabilité auprès de l’entièreté de la communauté étudiante de l’UQAM. À l’heure où se tient une nouvelle consultation visant à élire des étudiants·es au CA, nous souhaitons que perdure cette approche qui, maintenant, nous distingue et nous caractérise.

C’est pourquoi nous offrons aujourd’hui notre appui aux candidatures de l’équipe de Mariama Dioum et Élizabeth Duboc.

Signataires de cette lettre et ancien·nes délégué·es sur le CA de l’UQAM,


Charlotte Guay-Dussault (2008-2011)

Stéphanie Bernier (2008-2011)

René Delvaux (2013-2015)

Samuel Cossette (2015-2018)

Nadia Lafrenière (2015-2018)

Stéphanie Thibodeau (2018-2020)

Maxine Visotzky-Charlebois (2018-2020)

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