UQAMLe service psychologique de l’UQAM plus débordé que jamais

Avatar Julien Lachapelle1 août 20204 min

Anxiété sociale, de performance, dépression : ce ne sont que quelques-unes des raisons qui poussent les membres de la communauté étudiante de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à demander de l’aide au Service de soutien psychologique de l’Université, qui est plus occupé que jamais depuis quelques années.

« Nous observons une hausse des demandes en soutien psychologique depuis plusieurs années, et plus particulièrement au cours des deux dernières années », soutient la directrice des relations de presse de l’UQAM, Jenny Desrochers. 

Lors de l’année scolaire 2017-2018, plus de 963 demandes ont été envoyées au service psychologique de l’UQAM et 1188 l’année suivante, ce qui représente une augmentation de 225 demandes. Du 18 septembre au 8 novembre 2019, une croissance globale de 38% au niveau des réclamations d’aide aurait été notée par les Services à la vie étudiante (SVE) en comparaison à la même période en 2018. 

Olivier*, un étudiant en communication, a eu recours aux ressources de soutien de l’Université, il y a trois ans, pour régler ses troubles d’anxiété et de dépression. « Je n’allais pas bien et je ne comprenais pas pourquoi », explique-t-il. Après avoir pris connaissance de la gratuité de ces ressources, il n’a pas hésité à entrer en contact avec une personne des SVE. Il a reçu un appel le lendemain pour s’inscrire à un premier rendez-vous avec un psychologue de l’UQAM. 

La psychologue du Centre de neuropsychologie et de counseling de l’Ouest-de-l’Île, Melissa Stern, a aussi constaté l’augmentation des cas d’anxiété et de dépression chez les jeunes universitaires. « Ils suivent beaucoup de cours à l’école, ils veulent avoir de bonnes notes, ils ont parfois de la difficulté à mélanger les études et le travail », mentionne-t-elle. 

L’expérience d’Olivier a été agréable, mais imparfaite, selon lui. « J’ai trouvé que mon psychologue me parlait plus du problème en général que de ma situation personnelle », affirme-t-il en précisant que le service de l’UQAM offre du soutien plutôt que des thérapies complètes.

Possibilité de consulter plus rapidement

Afin de venir en aide à la population étudiante de l’UQAM à court terme, l’ensemble des SVE ont mis en place des horaires de « consultation rapide » en accueil, en évaluation psychosociale et en psychologie. « Nous avons instauré le principe du “psy de garde” pour répondre à des situations de crise lorsque la travailleuse sociale est surchargée », indique Jenny Desrochers. Cette travailleuse doit porter une attention particulière à la nature du besoin exprimé par l’étudiant ou l’étudiante en question et à l’intensité de sa détresse. De plus, elle doit vérifier la présence possible d’idées suicidaires chez la personne. 

Cette idée du « psy de garde » plaît à Melissa Stern. Elle croit malgré tout que les psychothérapeutes des différentes universités québécoises devraient collaborer avec ceux et celles des cabinets privés pour gérer la hausse des demandes d’appui psychologique des étudiants et des étudiantes. « Ils pourraient établir une liste de cliniques qui offriront des services à prix réduit pour les étudiants », suggère-t-elle.

Un futur amendement? 

Actuellement, un étudiant ou une étudiante ne peut prendre que trois rendez-vous avec un ou une psychologue de l’UQAM par année, mais Mme Desrochers précise que personne ne sera abandonné(e) si son état demeure fragile après trois rendez-vous. 

De plus, bonifier l’offre des services de soutien fait partie des objectifs de l’équipe de direction des SVE, qui collabore avec plusieurs comités composés d’employé(e)s et de représentant(e)s d’associations étudiantes. Cette idée permettrait aux étudiants et aux étudiantes de l’UQAM d’avoir accès à des ressources plus étendues, qui répondent à leurs besoins. « Depuis 2019, ce projet a été placé dans la révision de l’ensemble des services du SVE à la suite d’une demande du Comité de la vie étudiante (CVE) », évoque Mme Desrochers. 

Pour rendre cela possible, les associations étudiantes des différentes facultés de l’Université devront voter à majorité pour la proposition. « Sans leur consentement, les recommandations formulées par le Comité de révision du panier de services des SVE et adoptées par le CVE ne pourront être mises en oeuvre », ajoute la directrice des relations avec la presse tout en ajoutant que le dossier est suspendu pour le moment en raison de la pandémie du coronavirus.

*Nom fictif puisque la personne désire garder l’anonymat

Cet article devait paraître dans l’édition papier du printemps 2020 qui a été annulée en raison de la COVID-19. 

Crédit photo UQAM

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