UQAMCOVID-19: dire au revoir à son stage

Avatar Benjamin Richer22 avril 20203 min

Réductions de salaire, stages écourtés, reports, télétravail et attestations. La pandémie de COVID-19 a bouleversé le parcours académique de beaucoup d’étudiants et d’étudiantes.

William Desjardins, étudiant en troisième année du baccalauréat de génie mécanique de la Polytechnique, a été obligé, comme bien d’autres, de dire au revoir à son stage pour l’été 2020. Il s’agissait d’un stage dans une compagnie de biomécanique travaillant sur des dispositifs traitant la scoliose chez les enfants. 

L’entreprise, ayant un effectif déjà petit, a avisé l’étudiant le lundi 16 mars, peu après l’annonce des mesures de confinement par le Premier ministre, François Legault, que son stage pourrait être compromis par la crise de la COVID-19. Or, le 1er avril suivant, l’entreprise l’a contacté en lui spécifiant qu’ils ne savaient pas quand ils allaient être en mesure d’engager du personnel et que son stage serait annulé pour l’instant, tout en lui souhaitant la meilleure des chances.

« Je suis dépassé par tous les évènements, on verra ce qui arrivera », raconte William. Comme lui, d’autres étudiants et étudiantes ont même proposé de réduire leur salaire ou la durée de leur stage au minimum demandé pour permettre malgré tout aux entreprises de recevoir la subvention octroyée pour le monitorat. 

Les stages en éducation

Certains stages en milieu scolaire qui étaient déjà en cours ont été écourtés et des pourparlers sont en cours avec le ministère concernant les contraintes liées aux autorisations provisoires d’enseigner et aux heures de stage déjà accomplies. Le ministère de l’Éducation étudie actuellement la possibilité d’accorder une attestation permettant aux étudiants de recevoir leur diplôme pour le baccalauréat avec les compétences déjà acquises sans reprise de stage.

Marie-Pier Villemure, étudiante de dernière année en éducation préscolaire et enseignement primaire, pourra tout de même recevoir son diplôme pour son baccalauréat. Son stage a été écourté, mais elle avait réalisé plus de la moitié de celui-ci. « Ils ont donc décidé de l’arrêter et nous devons compléter certains travaux. Nous passerons avec les données recueillies ainsi que les derniers travaux. »

Comme l’indique l’UQAM sur sa page web Info coronavirus, « les solutions seront déterminées au cas par cas, et les étudiants concernés seront informés des solutions retenues. Les stages représentent en effet un défi particulier dans le contexte actuel, car l’Université n’est pas l’unique responsable de la validation de la formation acquise dans les stages ».

Un défi de logistique

« On est beaucoup dans l’hypothétique pour le moment, on est en attente comme les étudiants de vraies réponses du ministère de l’Éducation » observe Geneviève Messier, professeure au département de didactique de l’UQAM et spécialiste de la profession enseignante et de la formation. « Il se pourrait que certaines écoles adoptent un format hybride de cours en ligne et de cours sur les lieux pour diminuer le nombre d’élèves en classes, ce qui pourrait demander la contribution des stagiaires. »

Si l’attestation de réussite du ministère est autorisée, les futur(e)s enseignants et enseignantes seraient quand même réévalué(e)s par les directions d’établissements scolaires au courant de la prochaine année.  « Il y a déjà une pénurie d’enseignants, on ne veut pas accentuer le problème », explique la professeure.

Bryan St-Louis, responsable des relations de presses du ministère a indiqué par courriel que « dans certaines situations, qu’il faut tenter de limiter le plus possible, la solution pourrait être d’annuler le stage sans mention d’échec et de prévoir sa reprise ultérieurement ». Il précise que les établissements universitaires pourraient néanmoins évaluer l’option d’offrir des activités de substitution au stage.

Pour ce qui est des stages à l’international, l’ensemble des universités du pays ont annulé leurs activités jusqu’à nouvel ordre. Toutefois, certains stages interprovinciaux demeurent ouverts dans la mesure où les recommandations de la santé publique sont respectées.

Photo Florian Cruzille | Montréal Campus

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