CultureFestival du film de montagne de Banff : entre adrénaline et sublime

Avatar Lila Dussault5 février 20204 min

Images spectaculaires, expéditions d’envergure, réflexions sur les changements climatiques : la version 2020 du Festival international du film de montagne de Banff, en tournée au Québec jusqu’au 13 mars, transporte sur plusieurs continents, à la suite d’aventuriers et aventurières téméraires et plein d’humanité.

En 1976, à Banff, en Colombie-Britannique, un groupe d’alpinistes se retrouvait pour échanger les vidéos de leurs expéditions en montagne. 44 ans plus tard, le Festival international du film de montagne de Banff est devenu le plus prestigieux de sa catégorie et est présent dans 45 pays. Cette année, près de 442 courts métrages et documentaires issus de milieux amateurs ou professionnels ont été soumis. Un record dans l’histoire du Festival. Parmi ceux-ci, 9 ont été sélectionnés pour la tournée québécoise qui a débuté le 22 janvier dans la salle Pierre-Mercure de l’UQAM. 

Voyez la vidéo promo du festival

La tournée 2020 : les moments marquants

Deux femmes et plusieurs hommes, quelques chiens et une fillette: tour à tour nous les suivons dans une descente effrénée en freeski, une ascension vertigineuse de plus de 15 mètres sans corde ni harnais, du surf d’hiver sur les vagues monumentales et glacées du lac Supérieur ou encore un sauvetage en montagne raté et hilarant. En effet, la beauté du Festival réside justement dans la valse entre des courts et moyens métrages au contenu et au style varié. 

Les deux grandes expéditions de l’année sont cependant The Ladakh Project et Spectre Expedition : Mission Antarctica. Dans le premier, une jeune kayakiste française de 28 ans descend en solo pendant une semaine trois rivières himalayennes, sans aucune aide ni possibilité de sauvetage. Dès le premier jour, la toute-puissance de ces rivières et l’adresse de cette femme, capable de faire face seule à une situation de survie, chamboule.

Dans le deuxième, trois explorateurs professionnels se donnent pour mission d’atteindre le sommet de la montagne la plus éloignée sur terre : la montagne Spectre, dans le sud de l’Antarctique. Sans aucun appui extérieur et traînant près de 200 kilos d’équipement, ils parcourent 1600 km en 65 jours, en skis et tirés par des cerfs-volants de neige. Les défis auxquels ils font face  tempêtes, puis absence de vent, crevasses inattendues et périlleuses, températures glaciales et fatigue les mènent à des questionnements existentiels sur les raisons qui poussent à se dépasser ainsi. Le tout est cependant allégé par quelques étincelles d’humour d’autant plus touchantes, vu les circonstances.

Adaptation et diversité: la clé du Festival

C’est à partir de la sélection officielle d’une centaine de films présentés au Banff Centre Mountain Film Festival à l’automne de chaque année que les représentants et les représentantes des pays affiliés peuvent choisir leur propre programmation. Paris, Sydney, Buenos Aires: la distribution finale va donc varier d’un lieu à l’autre.  

Au Québec, qui participe au Festival depuis 1996, la tournée se déplace dans 23 villes de la province, incluant Kuujjuaq. « Cette année dans la programmation, l’objectif que je m’étais donné […] c’était d’avoir une belle diversité en termes de thèmes et d’équilibre entre l’aventure expéditionnaire extrême et le côté humain », explique Stéphane Corbeil, directeur de la tournée depuis ses débuts.

Les 9 films qui durent entre 4 et 40 minutes alternent donc entre adrénaline et sublime, expédition et humour. Déployés sur grand écran de façon à nous faire ressentir chaque moment d’intensité,  un accent est mis sur la diversité, par exemple dans Hunza qui se déroule dans une vallée pakistanaise, et dans Thabang qui dresse le portrait d’un champion sud-africain de course de randonnée. Cependant, ces deux films donnent l’impression que les rôles sont un peu surjoués, ce qui nuit à leur authenticité et à un contact plus intime avec le public. 

Les nouveaux outils de filmographie, tels que les GoPro et les drones, mènent également à une certaine uniformité dans le traitement des images, qui n’en demeurent pas moins époustouflantes. D’ailleurs, la tournée québécoise s’est donnée comme mission de mettre en valeur la planète en étant  accompagnée de l’exposition photo Je t’aime. Je te protège qui porte sur la fragilité des espaces naturels.

Tout compte fait, la version 2020 du Festival du film de montagne de Banff au Québec réussit son pari: offrir un souffle d’inspiration, que ce soit pour partir à l’aventure ou pour protéger la planète.

Photo fournie par le festival

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