UQAMDavid contre Goliath : le défi quotidien des déléguées étudiantes

Avatar Louis Garneau-Pilon9 décembre 20195 min

Après un an à représenter la communauté uqamienne et à siéger au Conseil d’Administration (CA), Maxine Visotzky-Charlebois et Stéphanie Thibodeau font le bilan sur une première année tumultueuse en tant que déléguées étudiantes. 

En un an, elles ont eu l’occasion de travailler sur plusieurs projets cruciaux. Elles ont pu observer le développement de la politique 16, un règlement visant à combattre le sexisme et les violences à caractère sexuel. Quant aux résultat de ces efforts, leurs sentiments sont mitigés. 

Selon Stéphanie Thibodeau, le projet a permis à l’UQAM de se démarquer des autres universités puisqu’elle a été la première à adopter ce genre de politique. Même si les deux déléguées sont d’accord avec l’essence du projet, elles croient sincèrement qu’il y a place à l’amélioration. 

« Ce projet politique clé en main, qui a été réfléchi si longtemps, est finalement passé aux CA et a été miné par celui-ci », explique Maxine Visotzky-Charlebois, qui pense que la politique 16 a perdu beaucoup de son impact après « une panoplie de modifications qui enlevaient du mordant à la politique ». 

Bouleversement du financement

Avec un changement dans le système de financement instauré par le gouvernement, l’UQAM recevra dorénavant un budget basé majoritairement sur le nombre d’étudiants et d’étudiantes fréquentant l’établissement. Ceci signifie que la taille de l’effectif étudiant va affecter significativement le budget accordé à l’Université.     

« Au CA, cette situation est alarmante, mais il va falloir que ce ne soit pas juste des chiffres qui soient considérés, il va falloir se rappeler des valeurs d’inclusion et de convivialité », rappelle Maxine Visotzky-Charlebois. 

Selon Stéphanie Thibodeau, malgré ce changement impromptu, il ne faut pas oublier les valeurs de l’UQAM pour essayer de recruter plus d’étudiants, à défaut de supporter des programmes plus importants à leurs yeux comme les arts.  : « je ne pense pas qu’on doit reproduire ce que les autres universités ont fait, l’UQAM est là depuis 50 ans, c’est la plus grande faculté des arts francophones. Qu’on y aille avec ce qu’on a déjà ».

L’accès à l’information

Selon les déléguées, la population uqamienne n’est pas tout le temps assez mise au courant des décisions prises par l’administration. 

Pour Martine Visotzky-Charlebois et Stéphanie Thibodeau, il s’agit d’un impératif. « Oui on comprend que pour tout ce qui est octroi de contrat, on n’a pas le droit d’en parler, on a pas de problème [avec ça]. Mais pour plein de documents qui concernent l’ensemble de la communauté, on ne comprend pas pourquoi on a pas le droit d’en parler ».  

Selon Samuel Cossette, qui a représenté les étudiants et les étudiantes au CA de 2015 à 2018 avec Nadia Lafrenière, le transfert d’information était déjà un enjeu important à son époque. « Ma plus grande fierté est d’avoir, avec Nadia, réussi à écrire un rapport sur chaque CA et de rendre public les documents, il y a déjà de l’information qu’on a réussi à mettre de l’avant qu’il est impossible d’aller chercher comme les déroulements des conseils ».

Faire face au mur

Selon Maxine Visotzky-Charlebois il y a une « déficience » dans le conseil, qui veut souvent agir de façon « rapide et efficace, au détriment d’une conversation ». Il s’agit d’un avis partagé par M. Cossette qui explique que « la direction arrive toujours en bloc » lorsqu’une décision doit être prise par le Conseil.

« On s’attendait à ce que ce soit difficile, mais pour moi ça a été un choc. Je ne pensais pas qu’on serait autant antagonisées [par le reste du CA]. Pas tout le temps, mais c’est arrivé assez souvent qu’on soit discrédité parce qu’on est des étudiantes », déplore Stéphanie Thibodeau.  

Samuel Cossette juge qu’il est dur pour les étudiants et les étudiantes de faire valoir leurs points de vue si ceux-ci n’ont pas de poids et explique « qu’on tente d’avoir une représentativité de la communauté, mais ultimement, les gens de l’UQAM sont numériquement bien inférieurs à la direction ».

Selon les délégués, les membres externes du conseil ne sont pas assez présent(e)s dans l’Université pour totalement comprendre chacun des enjeux. « Nous, on est sur le terrain, on est tout les jours à l’UQAM, nous on une autre réalité à faire valoir », raconte Maxine Visotzky-Charlebois. 

Après une première année parfois difficile, les déléguées se lancent à pieds joints dans la deuxième année de leur mandat. Si elles ne croient pas avoir beaucoup d’autorité, elles feront quand même de leur mieux pour garder les étudiants et les étudiantes informé(e)s. Pour Maxine Visotzky-Charlebois « le rôle des déléguées est de rapporter l’information et faire part des dynamiques à la direction, ce n’est pas une tour d’ivoire, c’est vrai qu’on a aucun contrôle, mais au moins les gens sont au courant ».

Photo FLORIAN CRUZILLE MONTRÉAL CAMPUS

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