SociétéL’homme derrière le maire

Avatar Julien Lachapelle4 novembre 20194 min

L’électorat du Plateau-Mont-Royal a confié à Luc Rabouin la charge de la mairie d’arrondissement. L’homme politique polyvalent n’en est toutefois pas à ses premières armes comme dirigeant d’une institution publique.

Natif de Blainville, Luc Rabouin a raconté, de manière calme et humble lors d’un entretien avec le Montréal Campus, le parcours scolaire qui l’a amené aux différents postes qu’il a occupé au cours de sa carrière. Il a étudié en sciences humaines au Collège Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse pour approfondir son plus grand intérêt: « changer le monde ». Il s’inscrit ensuite au baccalauréat en sciences politiques à l’UQAM. 

Après avoir obtenu un emploi d’été au Service d’hébergement St-Denis, un centre d’accueil pour les jeunes sans-abri, il quitte l’UQAM pour se consacrer à temps plein à son emploi. En travaillant avec des personnes intéressantes, qu’il décrit comme étant motivées par de belles valeurs, il a constaté sa difficulté et celle des membres de l’équipe à travailler ensemble. 

Pour combler cette lacune, il décide de retourner sur les bancs d’école de l’UQAM pour se lancer en psychosociologie de la communication, un programme dans lequel l’animation des groupes de travail d’équipe est mis de l’avant. 

Passionné par les enjeux environnementaux

En plus d’avoir un intérêt pour la justice sociale, Luc Rabouin a longtemps milité pour l’environnement. Cet enjeu ne soulevait pas les débats dans le quartier où il a grandit. « Avec le temps, c’est devenu un sujet de préoccupation pour la société et pour moi », précise-t-il. Selon lui, la justice sociale et l’environnement forment une seule et unique cause. « On a un système de production et de consommation qui créer des inégalités sociales et détruit la planète », poursuit-il. 

Alors qu’il travaillait comme organisateur communautaire dans un CLSC, l’homme de 51 ans s’est impliqué bénévolement au Centre d’écologie urbaine de Montréal avant de prendre la direction de cette institution quelques années plus tard. Il croit avoir obtenu le poste en raison de son implication militante avec l’organisme. « Le centre a traversé une crise financière importante. J’ai pris un congé sabbatique de mon CLSC pour voir ce que je pouvais faire pour que le centre puisse s’en sortir » explique-t-il sur un ton enjoué. 

Selon lui, cette première expérience en tant que directeur s’est très bien déroulée et lui a permis d’aller vers d’autres postes d’envergure, comme la présidence de Communauto en France, où il y a habité pendant plusieurs années. Par la suite, il devient membre de la Corporation de développement économique Centre-Sud/Plateau-Mont-Royal.

Apprécié par ses collègues de travail

La conseillère en développement collectif de Communagir et ancienne collègue de Luc Rabouin, Saleema Hutchinson, n’a que de beaux mots pour l’écologiste. Elle l’a rencontré dans le cadre d’un entretien pour un emploi au Centre. « J’ai tout de suite remarqué son authenticité lors de cette rencontre », mentionne-t-elle. 

Mme Hutchinson affirme aussi que Luc Rabouin était tellement sollicité qu’il fallait profiter du temps qu’il te consacrait durant sa journée. Selon elle, c’est un homme brillant qui a toujours de bonnes idées à apporter. « Il fait en sorte que ses idées se réalisent. »

Un nouveau défi de taille

Pour faire avancer les choses au niveau social et environnemental, Luc Rabouin croit que le changement passe par les villes, car elles sont moins sous l’influence des intérêts des élites économiques. ll a décidé de se présenter sous la bannière de Projet Montréal, la force politique qui, selon lui, va réussir à faire la transition écologique de la Ville. 

Le nouvel homme politique a été élu par plus de 67% des citoyens de l’arrondissement, le 7 octobre dernier, devant les candidats Jean-Pierre Szaraz, d’Ensemble Montréal, et Marc-Antoine Desjardins du parti Vrai Changement pour Montréal, fondé par l’ancienne candidate à la mairie de la Ville, Mélanie Joly.   

Avec son nouvel horaire chargé, le père de famille prend malgré tout le temps de s’occuper de ses deux adolescents. Lorsqu’il a la garde de ces derniers, il évite de planifier des réunions.  Il affirme que si ses enfants n’avaient pas voulu qu’il se présente à la mairie de l’Arrondissement, il n’aurait pas déposé sa candidature. « Ils sont autonomes aujourd’hui, c’était le bon moment pour le faire », ajoute-t-il. 

photo: FLORIAN CRUZILLE MONTRÉAL CAMPUS

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