Culture« Elle rêve, elle cœur, elle crie, elle coup de poing » : transformer sa vie privée en art

Avatar Julien Lachapelle27 avril 20193 min

L’exposition Elle rêve, elle cœur, elle crie, elle coup de poing met en scène les angoisses, les rêves et les sources de bonheur de l’artiste multidisciplinaire Geneviève Cadieux-Langlois.

Des étoffes aux couleurs vives, des sculptures faites de bois et de branches, des oeuvres composées à partir de morceaux de tissus recyclés et plusieurs phrases courtes imprimées sur les murs de la pièce ont été mises de l’avant pour représenter la liste de ses rêves et de ses angoisses.

Diplômée du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, Geneviève Cadieux-Langlois a été en mesure de transporter le public dans son univers artistique ainsi que dans sa vie privée et ce, en toute simplicité.

« Je me sens bien lorsque je prépare une quiche ou lorsque je ressens le souffle du vent sur mon visage. Je me sens angoissée par le regard de l’autre et par la peur de vieillir seule », mentionne-t-elle, questionnée sur ses moments de bonheur et d’angoisses par le Montréal Campus.

Pour démontrer sa peur du regard des autres, Mme Cadieux-Langlois a fait trôner dans un coin de la salle une chouette naturalisée, qui fixe le sol d’un regard furtif. Cette dernière a pu s’y trouver grâce à la taxidermie, un art où les animaux morts sont conservés afin de leur donner leur air vivant.

La peur de vieillir seule de l’artiste est mise de l’avant avec la phrase You repeat the words: Why Am I not with you? imprimée sur l’un des murs. Cette phrase, tout comme les autres inscriptions présentes, est tirée du livre Territoires Féminins de l’auteure Sylvie Mongeon.

L’une des oeuvres les plus intéressantes de l’exposition est la sculpture j’ai couché ta banlieue sur ma clôture, faite à partir d’un morceau de tissu suspendu dans les airs par une branche, où l’on y voit une tache brune en plein milieu. Bien que la sculpture soit belle et intrigante, il est difficile de comprendre si elle représente un rêve ou une peur de l’artiste. D’autres oeuvres comme celle-ci ont cette même particularité.

Mme Cadieux-Langlois s’est inspirée de plusieurs expositions qu’elle a effectuées dans la dernière année, dont le laboratoire de création Les filles vont vieillir, mais le titre ne changera pas, mis sur pied avec l’artiste Sophie Perry à la Maison Rollin-Brais de Longueuil. Elle y a repris les sculptures de plâtre en moulage corporel et la suspension des étoffes.

« Je considère que tous mes projets sont des enchaînements d’idées et se nourrissent les uns les autres. Je pense que c’est le propre de l’évolution d’une démarche de création dans le temps », explique Geneviève Cadieux-Langlois.

L’exposition Elle rêve, elle cœur, elle crie, elle coup de poing sera présentée jusqu’au 11 mai prochain au magasin Arprim dans le cadre du Festival des arts imprimés de Montréal.

photo: MONTRÉAL CAMPUS

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