UQAMLe « wikipédiste » de l’UQAM

Jean-Michel Lapointe espère redorer le blason de l’encyclopédie en ligne
Avatar Julien Lachapelle26 avril 20194 min

Jean-Michel Lapointe consacre une bonne partie de son travail de bibliothécaire de référence à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) à démystifier l’encyclopédie en ligne Wikipédia, une plateforme qui, après plusieurs années de méfiance, tend à gagner en reconnaissance auprès du corps professoral sur la scène universitaire.

Après avoir enseigné la philosophie au Collège d’Alma en 2008, Jean-Michel Lapointe entame l’année suivante une maîtrise en littérature comparée à l’Université de Montréal. Il fait par le suite une autre maîtrise, cette fois en sciences de l’information, de 2013 à 2015.

Lorsqu’il était enseignant à Alma, M. Lapointe était assez réfractaire à l’utilisation de Wikipédia par ses étudiants et ses étudiantes. C’est lors de sa deuxième maîtrise que son discours a changé, puisqu’il a dû contribuer à l’encyclopédie en ligne dans le cadre d’un cours d’édition numérique.

« Cette contrainte a été très profitable, car j’ai dû m’immerger dans la communauté wikipédienne pour réussir ce cours », raconte-t-il. Il se décrit aujourd’hui comme un « wikipédiste », n’ayant jamais cessé de contribuer à l’encyclopédie depuis.

Dès son arrivée à l’UQAM en 2015, il a l’idée de mettre en place, avec l’aide de plusieurs collègues, une série de formations sur Wikipédia pour la population uqamienne, dans lesquelles les principales règles de fonctionnement de la plateforme y sont présentées. La première formation officielle a eu lieu l’année suivante.

« Je me rendais compte que le discours qu’on avait sur Wikipédia était, disons, assez lacunaire », affirme-t-il.

M. Lapointe s’indigne devant la méfiance du public à l’égard de la plateforme. « Je trouve ça scandaleux qu’on méconnaisse le fonctionnement d’un site Web qui est central. Ce sont les pages les plus vues du Web », précise-t-il.

Des réactions positives

Plusieurs membres du corps professoral ont remercié Jean-Michel Lapointe à la suite de sa première formation. Encore aujourd’hui, le « wikipédiste » reçoit des éloges après chacune d’entre elles.

Le bibliothécaire admet ne pas être surpris de l’appui de ses collègues. Selon lui, les professeurs et les professeures éprouvent une certaine difficulté à guider la population étudiante qui utilise constamment Wikipédia.

« Avant l’arrivée de Jean-Michel, il y avait très peu d’activités par rapport à Wikipédia à l’UQAM. Depuis qu’il est là, il y a beaucoup plus de formations. […] Il est passionné par son sujet et il donne le goût aux gens de s’impliquer durant ses formations », explique sa collègue Justine Lamoureux, bibliothécaire de référence à l’UQAM.

« Pour aider [les participants et les participantes], je leur explique comment utiliser Wikipédia d’une manière pédagogique », ajoute Jean-Michel Lapointe.

Dans les prochaines semaines, afin d’améliorer les pages liées à l’histoire de l’UQAM sur Wikipédia, dans le cadre du 50e anniversaire de l’Université, M. Lapointe offrira une série d’activités.

Dans la bonne direction

Le professeur au Département d’histoire de l’UQAM Richard Matthew Pollard fait partie de ceux et celles qui apprécient l’initiative du jeune bibliothécaire de 35 ans. Il considère que l’encyclopédie en ligne, qu’il utilise depuis cinq ans dans son enseignement, est un bon point de départ pour les recherches de ses étudiants et ses étudiantes.

« Cependant, ils doivent toujours accorder une attention particulière aux sources attribuées à l’article », indique-t-il.

Richard Matthew Pollard rappelle qu’il est possible de corriger une erreur sur la plateforme en tout temps, contrairement aux encyclopédies imprimées. « Il n’y a aucune ressource encyclopédique, comme Wikipédia ou Universalis, qui est parfaite », affirme-t-il.

Jean-Michel Lapointe admet que Wikipédia sera toujours en développement. « En tant que bibliothécaires, professeurs et étudiants universitaires, on a une responsabilité de s’assurer que les savoirs qui se trouvent sur Wikipédia sont à jour et qu’ils sont véridiques », insiste-t-il.

photo : LUDOVIC THÉBERGE MONTRÉAL CAMPUS

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