UQAMNouveau chapitre pour les livres rares et anciens de l’UQAM

Avatar Étienne Robidoux22 janvier 20194 min

Depuis le 14 janvier dernier, la bibliothèque des livres rares et anciens de l’UQAM procède au déménagement de ses collections. Le nouvel emplacement devrait ouvrir en automne 2019 et profitera d’une amélioration de ses infrastructures et de ses services.

C’est une impression de voyage dans le temps que donnent les rangées de livres brunâtres, accompagnées de l’odeur typique des vieilles pages. On y trouve 19 000 documents dans la collection des livres anciens datant d’avant 1850 et 34 000 documents dans celle des livres rares, qui sont des ouvrages phares dans leur discipline.

Cinq membres du personnel s’affaireront à déplacer soigneusement tous ces ouvrages vers le nouvel emplacement, qui sera accessible à partir du rez-de-chaussée de la Bibliothèque centrale, au nord du pavillon Hubert-Aquin.
Le déménagement vise à « améliorer l’organisation et la protection des collections », en plus de moderniser leurs installations, avance la bibliothécaire et responsable des livres rares et des collections spéciales de l’UQAM, Sylvie Alix.

Activités de formation, nouvelle réserve de conservation, système de contrôle atmosphérique dernier cri, nouvelle salle de lecture avec écrans ainsi que trois salles pour le travail en équipe sont seront mises à la disposition des utilisateurs et utilisatrices.

Les projets de « longue haleine »

Ces collections ne sont pas les plus consultées des bibliothèques de l’UQAM, mais sont utiles, dans la majorité des cas, pour des « projets de longue haleine », constate Sylvie Alix. « Les chercheurs peuvent passer quatre mois sur un livre, observe-t-elle. Il y en a qui viennent de loin pour voir un livre. »

Ce sont en particulier les étudiants et étudiantes des programmes d’histoire, d’histoire de l’art, de design, d’éducation, de philosophie et de religion qui consultent cette section de l’UQAM, indique Sylvie Alix.

C’est le cas de l’étudiante Stéphanie Favreau, qui a scruté les livres de l’imprimeur lyonnais Sébastien Gryphe dans le cadre de son mémoire de maîtrise en histoire à l’UQAM, en 2014. « J’ai fait une analyse matérielle et intellectuelle des éditions qu’il a imprimées. Je me suis penchée sur les collections montréalaises qui avaient ses impressions », raconte-t-elle.

Sur la trentaine d’ouvrages anciens qu’elle a scrutés dans les collections de l’Université de Montréal, de l’Université McGill, de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec et de l’UQAM, quatre à cinq provenaient de ce dernier établissement.

Des collections riches en qualité

« Nous avons des pièces de qualité comparables [à celles] qui se trouvent dans les grandes bibliothèques, non seulement du Québec, mais du monde », évalue la professeure au Département d’études littéraires de l’UQAM Brenda Dunn-Lardeau.

La spécialiste en littérature du Moyen Âge et de la Renaissance souligne qu’une exposition du Musée des beaux-arts de Montréal a récemment mis à l’honneur les deux livres d’heures de l’UQAM, qui sont des ouvrages de dévotion catholique peinturés soigneusement et de grande qualité.

Brenda Dunn-Lardeau a fondé en 2004 le Groupe de recherche multidisciplinaire de Montréal sur les livres anciens dans le but de faire découvrir la richesse des collections se trouvant dans les bibliothèques québécoises. Aidée de ce groupe, la professeure a dirigé un catalogue, publié en 2013, recensant les 94 documents des collections de l’UQAM datant du 15e et 16e siècle. Le contenu y est très varié, allant d’exemplaires d’éducation des Jésuites aux écrits gréco-romains de l’Antiquité.

La numérisation

« Si tu travailles sur le côté physique du livre rare, sur sa matérialité, tu as besoin de le toucher, […] de le regarder et tourner les pages », considère Stéphanie Favreau.

Elle ajoute qu’elle doit encore entrer en contact avec le livre physique pour son doctorat en histoire, puisqu’elle travaille spécifiquement sur la typographie. « J’ai encore plus besoin d’aller le toucher parce que je dois mesurer les caractères », précise-t-elle.

Elle reconnaît toutefois que la numérisation des livres est pratique pour ses recherches. « Par exemple, il y a des éditions sur lesquelles je travaille qui ne me sont pas accessibles parce qu’elles sont dans des bibliothèques européennes », reconnaît-elle.

L’UQAM n’a pas commencé à numériser ses collections de livres anciens et rares, mais affirme que cela est « dans la banque de projets », précise Sylvie Alix. Elle insiste toutefois sur le fait que le projet prioritaire est de mieux organiser cette section de la bibliothèque afin de faciliter les projets de mise en valeur à venir.

photo: FÉLIX LEBEL MONTRÉAL CAMPUS

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