À la uneUQAMChaire de recherche sur l’homophobie : rencontrer le tabou

Naomie Gelper Naomie Gelper4 décembre 20175 min

Créée en 2011, puis récemment renouvelée, la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’UQAM est la seule tenue par une université francophone en Amérique du Nord. La chaire agit comme une plaque tournante qui permet aux étudiants et aux chercheurs de se rencontrer pour échanger.

En plus de bâtir des connaissances scientifiques issues de la recherche sur les réalités vécues des personnes LGBTQ, la chaire de recherche sur l’homophobie est un lieu de rencontre. «L’un des buts de la recherche est aussi de soutenir la relève, donc les élèves qui s’intéressent à l’homophobie, à la diversité sexuelle et à la pluralité des genres», exprime la coordonnatrice.

En effet, les chercheurs, les étudiants, mais aussi les acteurs politiques et les professionnels qui travaillent avec les personnes issues des minorités sexuelles et de genre utilisent la chaire pour mieux comprendre leurs réalités, explique la coordonnatrice de la chaire, Marie Geoffroy.

«La chaire a aussi le mandat de favoriser le réseautage entre les chercheurs et les étudiants qui s’intéressent au sujet», ajoute la responsable des communications, Marilyne Chevrier.

La chaire de recherche sur l’homophobie permet également d’institutionnaliser un «champ de recherche en émergence», celui des diversités sexuelles et de la pluralité des genres.

À l’UQAM

La Réclame, un groupe de l’UQAM destiné à réunir les minorités de genres, dans l’orientation sexuelle et dans l’affectivité, voit d’un œil positif le renouvellement du financement de la chaire de recherche. «Il y a beaucoup d’engouement pour les étudiantes et étudiants qui veulent faire des recherches universitaires sur les questions LGBTQIA+ et qui savent qu’une chaire de recherche existe pour les soutenir», pense la trésorière et cofondatrice de la Réclame, Roxane Nadeau.

Sur le campus uqamien, la chaire de recherche tient des activités académiques et scientifiques sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres. Par exemple, tous les mois, la chaire tient une conférence publique qu’elle rend disponible sur son site web, fait remarquer Marilyne Chevrier.

La Réclame salue cet effort de la chaire. «Une de nos missions était d’informer la communauté uqamienne sur les enjeux LGBTQIA+, souligne Roxane Nadeau. Mais nous pouvons dire que cette mission est déjà bien assurée avec les colloques, les conférences et les publications offertes par la chaire».

La chaire se veut un lieu central pour tous ceux intéressés à la recherche sur l’homophobie. «On propose sur le campus, un lieu où les étudiants et les chercheurs peuvent venir trouver des ressources, discuter, poser des questions, faire des entrevues de recherche et tenir des réunions, par exemple», explique Marilyne Chevrier.  

Recherches récentes

«La chaire veut donner une visibilité aux champs de recherche et aux champs d’études et se positionner comme une référence», explique Mme Chevrier.

L’un des projets de recherche récemment terminés est le réseau de l’enseignement de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres. «On est allé voir les besoins des enseignants, des chargés de cours, des professeurs dans les universités du Québec en lien avec la diversité sexuelle et la pluralité des genres», explique Mme Geoffroy.

Plusieurs personnes ont répondu avoir un grand besoin de ressources dans leurs classes, car c’était un élément qu’ils désiraient intégrer à leur cours. «On a créé un réseau sur le Web avec plusieurs ressources accessibles aux professeurs», explique la coordonnatrice de la chaire, Marie Geoffroy.

Selon Roxane Nadeau, le nombre d’études produites sur les queer, gais, lesbiennes et trans sont à un pic. «Peut-être que les années à venir nous réservent encore beaucoup de chaires, mais il y en a déjà beaucoup qui existent. Elles n’ont pas une tonne de visibilité, mais on peut les trouver avec une recherche ciblée», explique-t-elle.

Militer, chacun à sa manière

Selon la Réclame, la chaire de recherche aide directement, en produisant du contenu qui peut être utilisé pour la militance LGBTQ à l’intérieur et à l’extérieur des murs de l’UQAM. Roxane Nadeau, cofondatrice de la Réclame, pense que de faire de la mobilisation pour les situations d’homophobie et de transphobie dans l’UQAM serait une bonne chose compte tenu de l’autorité de la chaire, bien qu’elle pense qu’il ne s’agit pas nécessairement de son rôle. «J’ose croire que La Réclame permet d’effectuer le travail », ajoute-t-elle.

C’est à la suite de la demande d’un groupe mandaté par la Commission des droits de la personne et de la jeunesse d’avoir une chaire de recherche pour documenter les réalités des personnes LGBTQ que la Chaire de recherche sur l’homophobie a été créée en 2011.

 

photo: SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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