À la uneCultureLa musique pour tous

Avatar Michaël Laforest28 octobre 20173 min

Kent Nagano était de passage à l’UQAM, jeudi, dans le cadre du congrès de la Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec (FAMEQ). Le directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal a profité de l’occasion pour vanter les mérites de l’enseignement de la musique, une cause qui lui est particulièrement chère.

« Le travail d’enseignant est sans doute le plus difficile, mais aussi le plus important », affirme le directeur musical de l’OSM. Il s’agit « de trouver le moyen de communiquer avec l’enfant, d’être le plus créatif possible » pour permettre à un élève de se surpasser. L’enseignement de la musique ne se réduit toutefois pas à jouer les notes sur un piano. Lorsque Kent Nagano a commencé à suivre des cours de musique, son professeur lui faisait également étudier la poésie et l’architecture afin de mieux comprendre les pièces qu’il jouait.

Un concept à exporter

Kent Nagano a d’ailleurs lancé un projet pour initier les enfants à la musique dans le but de les aider dans leur parcours scolaire. Dès l’âge de quatre ans, ceux-ci suivent des cours de piano et de violon, et ce, pour une durée de deux ans. « Ce projet m’est venu en tête parce que j’ai entendu un discours d’un très fameux politicien américain qui disait que la musique classique était réservée à l’élite », révèle le maestro en faisant référence à Donald Trump. J’étais furieux, parce que c’est faux. » Il affirme que la musique symphonique appartient à tout le monde, jeune ou moins jeune. M. Nagano souhaite que « ces enfants voient la Maison symphonique comme étant leur maison. »

Pour l’instant, le projet de Kent Nagano se limite à l’école Saint-Rémi à Montréal-Nord, mais le maestro souhaite qu’il s’étende « pour que chaque enfant ait la chance que moi j’ai eue ». « C’est pour ça que le travail des enseignants d’initier les enfants à la musique est si important », note Christopher Hall.

Animée par Christopher Hall, humoriste et clarinettiste de formation classique, la causerie saute des conseils du maestro à des anecdotes du temps où ce dernier apprenait le piano, soulevant bien souvent les rires de l’auditoire réuni dans la salle Marie-Gérin-Lajoie.

« J’ai l’impression que, trop souvent, les enfants et les adultes pensent que la musique est trop complexe pour eux, alors que c’est tellement pas vrai », laisse tomber l’humoriste entre deux questions. « On a tous la capacité de comprendre à des niveaux différents », renchérit Kent Nagano, enchaînant avec un souvenir de ses huit ans, alors qu’il se trouvait devant des trompettes qu’il imaginait en colère.

L’ouverture au monde musical est d’une importance capitale pour M. Nagano, car « la musique classique est toujours là, qu’on se sente seul ou rejeté par la société ». Pour lui, la musique est « un camarade pour la vie », que les enfants décident de poursuivre leur pratique ou non.

 

photo: DANIELA VARGAS MONTRÉAL CAMPUS

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