À la uneUQAMDes chaires avariées

Avatar Félix Pedneault24 octobre 20173 min

Le 26 septembre est tombé le rapport annuel de l’UQAM sur les chaires de recherche-innovation. Ce rapport annonce la fin de la reconnaissance institutionnelle de deux chaires, la CRSDD et la CJM-IU, ce qui précarise leur situation et rappelle que le milieu de la recherche n’est pas toujours rose, selon des membres des deux unités de recherche.

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À la suite d’une décision du conseil d’administration de l’UQAM, deux unités de recherche ont perdu leur reconnaissance institutionnelle , faute de financement suffisant pour assurer leur pérennité.

Les chaires de recherche-innovation ont pour caractéristique d’être entièrement financées par des partenaires externes, ce qui devrait normalement les rendre indépendantes du soutien universitaire. « C’est sur le long terme, sans l’UQAM, que ça devient plus difficile », raconte pourtant la docteure en psychologie et titulaire de la chaire d’étude sur l’application des connaissances dans le domaine des jeunes et des familles en difficulté (CJM-IU), Nathalie Houlfort. « On perd des infrastructures de recherche [fournies par l’université], des locaux, et on devient moins accessibles pour des étudiants en recherche. »

L’importance du financement

Les évaluations pour renouveler la reconnaissance institutionnelle accordée à une chaire ont lieu tous les cinq ans. Un comité composé de membres de la communauté universitaire et de partenaires financiers des chaires évalue alors si la mission de la chaire est toujours d’actualité et si elle a maintenu un financement minimal qui s’élève à 100 000 $ par année pendant au moins deux ans.

Les plus durement affectés par cette décision semblent être les professeurs membres de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable (CRSDD) qui savaient depuis six mois déjà que leur chaire était sur la sellette. Avant que soit prise la décision, ils se sont unis pour convaincre la vice-rectrice à la recherche et à la création de ne pas mettre fin à leur reconnaissance institutionnelle.

Dans une lettre rédigée le 13 juin, les professeurs s’indignent de la décision à venir à la suite des évaluations les concernant faites par le comité responsable du rapport annuel des chaires. Ils demandent notamment de rencontrer la vice-rectrice Catherine Mounier pour trouver un terrain d’entente afin de garder la CRSDD dans le giron de l’UQAM. « Encore aujourd’hui, alors que le financement de la CRSDD a été restreint depuis un certain temps, le niveau d’activité a été soutenu », précise-t-on dans la lettre en rappelant que le maintien de la chaire de renommée internationale ne coûte rien à l’UQAM.

« À l’inverse, lui retirer sa reconnaissance institutionnelle, c’est détruire l’important capital de réputation qu’elle a mis des années à développer et à faire reconnaître », peut-on aussi y lire. La titulaire de la CRSDD, Corinne Gendron, a préféré ne pas se prononcer sur le sujet pour éviter toute promotion dans sa course au rectorat.

La vice-rectrice à la recherche et à la création de l’UQAM, Catherine Mounier, maintient sa décision sur le sujet. « Il s’agit d’une question d’équité [envers les autres chaires]; le financement de base n’était pas au rendez-vous et c’est la raison pour laquelle la reconnaissance institutionnelle n’a pas été renouvelée », mentionne-t-elle en rappelant que « depuis 2011, une douzaine de chaires en recherche-innovation ont perdu leur reconnaissance institutionnelle faute de financement. »  Plusieurs de ces chaires, ajoute-t-elle, poursuivent leurs travaux de recherche même sans le statut particulier que leur accorde l’UQAM. Elles ne bénéficient plus, néanmoins, des locaux et du rayonnement de l’université.

Bien que la CJM-IU ait l’intention de poursuivre ses activités, l’avenir de la CRSDD reste incertain.

Si les professeurs de la CRSDD se désolent de la fin de la reconnaissance institutionnelle accordée à leur chaire depuis 2002, Nathalie Houlfort, titulaire de la CJM-IU, voit la décision de l’administration comme une « belle mort » accordée à sa chaire. « Ça va me permettre de me concentrer sur d’autres champs d’intérêt qui n’entraient pas dans le cadre du financement de ma recherche au sein de la CJM-IU », affirme-t-elle.

 

photo: MARTIN OUELLET MONTRÉAL CAMPUS

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