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Naomie Gelper Naomie Gelper9 octobre 20175 min

Accessible à tous les choristes dévoués, le Chœur de l’UQAM, qui fête ses 40 ans cette année, se fait vieillissant. Le chef du chœur, Pascal Côté, compte toutefois redonner un coup de jeunesse à son ensemble en se concentrant sur le recrutement de jeunes et d’étudiants uqamiens à l’aide d’un partenariat avec l’université.

Ils sont presque 200, majoritairement des têtes blanches, à se réunir chaque mardi soir au sous-sol de la Place des Arts. À 19 heures tapantes, le chef de chœur Pascal Côté appelle à l’ordre ses choristes afin de démarrer la répétition par des échauffements de voix, avant d’enchaîner avec le répertoire classique. Jeunes et moins jeunes, tous passionnés, ils chantent à l’unisson le temps de quelques heures, un rendez-vous amical apprécié par toutes les générations.

Le Chœur de l’UQAM est ouvert à tous, pas seulement aux étudiants de l’université, bien qu’il se compose essentiellement de personnes plus âgées, principalement d’anciens diplômés. On y retrouve des choristes de tous les âges, allant de 16 à 80 ans, et de toutes les professions. Selon Pascal Côté, qui est aussi enseignant de musique à l’école secondaire Joseph-François-Perrault, la plus grande qualité du chœur réside dans sa diversité. « C’est une richesse pour moi de voir que ce ne sont pas seulement des choristes ou des musiciens, mais qu’ils ont une histoire propre avec leur famille et leur travail. C’est cette richesse-là que je cherche », explique-t-il.

Pascal Côté, le sang neuf

Grâce à un partenariat avec l’UQAM, les étudiants du département de musique à l’UQAM ont maintenant la chance de se faire créditer le cours « Ensemble vocal classique » lorsqu’ils s’inscrivent dans le chœur. « Ils ont fait cette entente avec l’UQAM pour rajeunir le chœur et avoir des personnes qui ont de solides bases musicales », pense l’étudiante en musique Corinne Cardinal.

Depuis que le jeune Pascal Côté a pris le flambeau de la troupe en 2014, plusieurs choristes remarquent un certain renouveau dans le chœur, étant donné la hausse des inscriptions venant d’étudiants. Il n’en demeure pas moins que les jeunes sont huit fois moins nombreux que les plus vieux, d’après Corinne Cardinal. Le chef de chœur se charge notamment de recruter des élèves du secondaire.

« Il est clair que c’est grâce à Pascal que de plus en plus de jeunes s’inscrivent dans le choeur, lance Élodie Martel, l’une des anciennes élèves du mélomane. Cette année, le chœur a déjà atteint sa pleine capacité de 200 choristes, un sommet qui n’était plus atteint durant les dernières années du défunt Miklós Takács, qui a fondé le Chœur de l’UQAM en 1978, et qui a grandement participé à sa renommée.

Pour Pascal Côté, le bouche-à-oreille est la méthode par excellence pour faire connaître le Choeur de l’UQAM, car il ne relève pas de la mission du groupe d’être extrêmement visible du point de vue publicitaire. « Ce n’est pas un ensemble que je veux diffuser professionnellement ou publicitairement », affirme le maître de chœur.

Le chœur du peuple

Suivant la philosophie de Takács, qui a été le chef de chœur jusqu’en 2014, Pascal Côté soutient que tout le monde est le bienvenu dans le chœur de l’UQAM. Il suffit d’avoir un minimum de passé musical ou de simplement de savoir chanter pour s’inscrire. « C’est un chœur populaire, c’est un chœur du peuple, un chœur à la Mendelssohn », prône-t-il.

Choriste du chœur de l’UQAM depuis 25 ans, Christine Labelle trouve qu’il est inspirant de voir les jeunes et les moins jeunes coexister et partager une même passion. « La solidarité entre les choristes et leur amour du chant est vraiment ce qui caractérise le chœur de l’UQAM. Les gens sont engagés, ils répètent souvent, ils ont à cœur de faire de belles performances », assure la chanteuse d’une cinquantaine d’années.

L’accessibilité à la musique classique pour tous

Le Choeur de l’UQAM, qui présente des concerts à grand déploiement dans des villes d’Europe, à New York et à l’église Saint-Jean-Baptiste dans le cadre de son fameux concert du Vendredi saint, se démarque par son répertoire classique. C’est d’ailleurs pour accéder à ce répertoire que plusieurs décident de s’inscrire dans le chœur. C’est le cas de l’étudiante française en trimestre à l’étranger à l’UQAM Juliette Masse, qui fait ses débuts avec le chœur. « J’avais plutôt l’habitude de chanter du classique que de la variété, alors j’ai décidé de m’inscrire dans le chœur de l’UQAM plutôt qu’ailleurs », précise l’élève en première année de maîtrise en biologie.

Pour Pascal Côté, il est primordial de perpétuer la pensée enseignée par Miklós Takács de rendre accessible à tous la musique classique. « J’ai chanté dans le chœur de l’UQAM et ça a été une révélation d’avoir une accessibilité à la musique classique comme Bach, Mozart et Verdi », raconte M. Côté. À son avis, la musique appartient à tout le monde. « Un grand-papa qui chante une berceuse à son petit-enfant, c’est aussi important pour moi que le soliste qui chante durant un grand concert », révèle-t-il. 

photo: MÒRAG BÉLISLE MONTRÉAL CAMPUS

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