À la uneCultureReplonger dans le rêve géodésique

Avatar Julien Latraverse25 septembre 20173 min

L’exposition Montréal et le rêve géodésique, présentée au Centre de design de l’UQAM, explore l’effervescence du mouvement architectural des dômes qui a fasciné la métropole dans les années 1950 par son design innovant. Combinant archives inédites et maquettes, dont un dôme à échelle humaine de six mètres de diamètre, l’exposition souligne la place prépondérante de Montréal dans le développement de ces structures révolutionnaires.

« Les dômes géodésiques étaient un exploit architectural à cette époque. Les aspects géométriques, mathématiques ou même matériels de ce design étaient – et sont encore – extrêmement complexes. Des années 1950 jusqu’à 1970, Montréal était fasciné par ces dômes et par la prouesse technique qu’ils représentaient », explique le commissaire associé de l’exposition et professeur à l’École de design de l’UQAM Réjean Legault.

Trônant en plein centre de l’exposition, l’imposant dôme autoportant fabriqué à la main par cinq étudiants du Centre de design de l’UQAM permet de retracer et de mieux saisir l’exploit architectural derrière les sphères développées par M. Lindsay. « On calculait tout au millième de degrés près avec nos logiciels modernes, par exemple ceux de calcul ou de modélisation 3D. Dans les années 50, tout se faisait à la calculette », informe Julien Daly, l’un des étudiants de l’équipe.

Montréal et le rêve géodésique profite de l’engouement autour du 50e anniversaire de l’Expo 67 et de l’inauguration d’un de ces pavillons le plus célèbre: celui des États-Unis, dorénavant mieux connu sous le nom de la Biosphère, pour raconter « l’histoire inconnue du rôle fondamental de la ville de Montréal dans le développement des dômes géodésiques », indique le commissaire associé.

Les archives, allant du livre à la photographie en passant par le dessin, proviennent du designer montréalais Jeffrey Lindsay, acteur clé du développement géodésique des années 50 et 60. « C’est grâce à ses archives qu’on a réussi à monter cette exposition, et grâce à lui si ces dômes ont été pensés et conçus ici, à Montréal », rapporte M. Legault.

L’esprit innovateur du célèbre designer lui a permis d’être l’un des premiers à réussir à construire un dôme autoportant, comme le Weatherbreak à Baie-d’Urfé.

Redécouvrir le dôme en 2017

Le volet historique n’est pas le seul exploré par l’exposition Montréal et le rêve géodésique: il y a aussi celui de l’expérimentation. Dans le cadre d’un stage avec le Studio Cube, laboratoire de recherche et de création de projet architectural durable, cinq étudiants en design de l’UQAM ont construit des maquettes selon les plans de Jeffrey Lindsay.

Pour Réjean Legault, la redécouverte des travaux du designer montréalais est le coeur de l’exposition. « Les maquettes conçues par nos étudiants sont basées sur les dômes imaginés par Lindsay pendant les années 50 », indique-t-il fièrement.

Les murs immaculés du Centre de design de l’UQAM offrent un contraste saisissant avec les photographies en noir et blanc des archives de Lindsay. Esquisses, livres et magazines d’architectures sont disséminés aux alentours de la pièce, et humanisent par le fait même l’exposition.

« Sur tous les murs, il y a des photos historiques démontrant la construction des dômes. Alors, de se retourner et d’en voir un exemple réel, c’est magique. Ça concrétise l’expérience », explique l’étudiant en design de l’environnement à l’UQAM Daniel Demay.

L’exposition Montréal et le rêve géodésique, qui se déroule du 21 septembre au 10 décembre 2017, est un vibrant hommage à la singulière beauté des dômes géodésiques, qui continuent de marquer le panorama québécois 50 ans plus tard.

 

photo: SARAH XENOS MONTRÉAL CAMPUS

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