À la uneUQAMLe coeur solidaire

Avatar François Carabin20 avril 20174 min

Lorsque le Montréal Campus lui a proposé de brosser son portrait, Marie Blais a semblé surprise. C’est que l’actuelle présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ) souhaite faire son travail sans étincelles et dans l’intérêt de tous ceux qu’elle représente.

CE TEXTE FAIT PARTIE DU CAHIER PORTRAITS DE L’ÉDITION DU 5 AVRIL 2017

Après plus de deux ans de négociation avec l’administration uqamienne pour le renouvellement de sa convention collective, le SCCUQ a signé en début d’année une entente de principe, mettant ainsi fin au bras de fer avec l’Université. Mme Blais se dit « extrêmement fière » du travail accompli. « C’est le moment dans la vie d’un syndicat où on cherche à améliorer les conditions de travail de tous nos membres, observe-t-elle. C’est un événement totalement crucial. »

Sa bataille ne s’est toutefois pas livrée en solitaire, tient-elle à préciser. « Je ne suis pas toute seule! Il y a une équipe syndicale qui a fait des négociations, de la mobilisation et de la préparation de dossier », rappelle humblement la présidente.

Celle qui est anthropologue et urbaniste de formation est entrée en contact avec le travail syndical lors de la grève des chargés de cours de l’UQAM en 1987, aussi surnommée la « Grève des cœurs ». « Ça a été un moment de solidarité hyper important », se remémore-t-elle. « Ça m’a donné le goût du syndicalisme et c’est comme ça que je suis tombée dans le milieu. »

Après un passage de plus de dix ans à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) où elle a occupé un poste de vice-présidente, Mme Blais a repris le collier comme chargée de cours à l’UQAM en 2013. Et c’est à la fin de cette année-là qu’elle a été élue comme présidente au SCCUQ.

Puisque le syndicat regroupe des membres de divers horizons, le travail de Mme Blais gravite principalement autour de sa capacité à rassembler les gens. « Lors des négociations, mon rôle consiste à s’assurer de défendre tous les membres », explique-t-elle. « On a beaucoup de profils de chargés de cours, et ce sont tous ces profils-là que je dois protéger pour que tout le monde se retrouve dans la convention collective. »

Maintenir le fort

C’est justement cette capacité à rallier les troupes qui fait de Marie Blais une présidente aussi compétente, juge Richard Bousquet, vice-président à l’information au SCCUQ. « Le syndicat a vécu des années difficiles à la fin des années 2010, où il y avait beaucoup de dissension au sein de l’équipe syndicale et des militants, raconte-t-il. On cherchait quelqu’un qui serait capable de faire consensus au sein des membres. C’est Marie Blais qui était la personne qu’on voulait. »

Pour Yvette Podkhlebnik, vice-présidente aux affaires universitaires du syndicat, c’est l’implication sociale de sa collègue, en plus de son leadership, qui la distingue du lot. « Marie aime beaucoup mobiliser et prendre le téléphone pour parler aux gens, observe-t-elle. Elle arrive à approcher les autres même s’ils n’ont pas les mêmes idées qu’elle. »

Critiquer sans compromis

Le SCCUQ se tourne aujourd’hui vers la course au rectorat qui vient tout juste de démarrer à l’UQAM. Le processus de désignation d’un successeur à Robert Proulx sera scruté de près par les chargés de cours de l’Université, assure Mme Blais. « On espère que la nouvelle direction va rétablir des ponts avec la communauté », dit-elle.

C’est que, selon elle, la gestion effectuée par la direction de l’UQAM dans les dernières années, et en particulier depuis 2015, laisse fortement à désirer. « Je n’ai jamais vu un aussi gros problème de transparence de la part de la direction », s’indigne-t-elle, sans mâcher ses mots.

Si le regard de Marie Blais est tourné vers l’avenir, à la veille d’un changement de recteur, la situation actuelle du SCCUQ se porte bien, soutiennent ses collègues. « Le syndicat est sur de bons rails », déclare Mme Podkhlebnik. « Avant qu’on arrive avec une nouvelle équipe, nos salles étaient vides. Par contre, 170 personnes ont voté la grève à la fin de l’année. »

À la fin de son présent mandat, si elle décide de se présenter à nouveau à la présidence, il ne fait presque aucun doute que Mme Blais sera réélue, selon M. Bousquet. « Marie fait un excellent travail et je pense que c’est reconnu par l’ensemble des membres. »

Photos: MARTIN OUELLET MONTRÉAL CAMPUS
Marie Blais tient les rênes du SCCUQ depuis 2013.

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