À la uneDossier: Course au rectorat 2017UQAMRectorat 2017 : La communauté dresse ses attentes

Gestion financière, décentralisation des universités, place des employés au sein du conseil d’administration: telles sont les chevaux de bataille des différents groupes universitaires. Ces derniers s’attendent surtout à une plus grande proximité avec celui ou celle qui prendra les rênes de l’UQAM.

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Le responsable intérimaire à l’information du Syndicat des employés de l’UQAM (SEUQAM), Alain Roy, indique que les employés devraient être plus impliqués au sein des décisions prises par l’administration. « Nous, ce qu’on reproche depuis plusieurs années à l’UQAM, c’est le peu de place faite aux employés de soutien dans les différentes instances. Si on cherche à optimiser un service, on est rarement consultés ou on est carrément ignorés », déplore-t-il. Bien que ceux-ci aient deux postes d’observateurs au sein du conseil, « ces personnes ne peuvent pas s’exprimer tant que ça. »

La SEUQAM souligne en outre que la « hiérarchie est lourde » à l’UQAM. « Alors un recteur ou une rectrice qui serait plus à l’écoute de sa communauté, ce serait quelque chose qu’on apprécierait énormément », soutient M. Roy.

Marie Blais, présidente du Syndicat des chargés-es de cours de l’UQAM (SCCUQ), déplore les « problèmes de transparence » éprouvés par des membres de son syndicat vis-à-vis de la présente administration. « Il y a eu un plan de résorption du déficit qui a été adopté en catimini le 1er avril de l’an passé. C’était majeur. On précarisait les employés de soutien, on vendait des actifs et tout ça n’a pas été discuté avec la communauté », reproche Mme Blais.

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Pour Michel Umbriaco, enseignant spécialisé en éducation à la TELUQ et auteur d’une étude sur la gouvernance universitaire, ce détachement entre le personnel et l’administration s’explique par une gestion administrative basée sur la gouvernance. Elle implique « une philosophie où l’université, pour le conseil d’administration, devient un outil de développement économique et non pas un outil d’éducation et d’émancipation », explique M. Umbriaco.

Pour lui, le pouvoir décisionnel est fortement influencé par des instances externes à l’UQAM. M. Umbriaco explique que « ce sont des gens qui représentent des milieux socioéconomiques, souvent le milieu du capitalisme; pas de monde du secteur communautaire, pas de monde du syndicat ». Cela concrétise le détachement entre l’administration et la communauté. Cinq des quinze sièges du conseil sont occupés par des représentants de l’externe, comme le docteur Alain Poirier de l’Institut national de santé publique du Québec, qui siège à titre de vice-président de la valorisation scientifique et de la communication.

Décentraliser les pouvoirs
Une façon d’accroître la représentativité de certains groupes passerait en partie par une décentralisation des pouvoirs décisionnels vers les facultés, affirme Marie Blais.

Il s’agit d’un enjeu clé de la course au rectorat pour Nadia Lafrenière, représentante étudiante au conseil d’administration de l’UQAM. « Il y a eu des discussions au sujet d’une décentralisation organisationnelle, financière et académique à l’UQAM. On sent que ça va atterrir dans les mains de la prochaine rectrice ou du prochain recteur », expose l’étudiante au doctorat en mathématique.

Par ailleurs, Alain Roy remet en question la gestion monétaire des fonds d’exploitation et d’immobilisation des dernières années. « On a envoyé énormément d’argent dans le fonds d’immobilisation, je ne dirais pas que c’est un maquillage de chiffres, mais on cache, on teint la réalité pour que les gens aient une perception que l’UQAM va vraiment mal », avance-t-il.

Puisque l’UQAM n’a pas l’appui d’entreprises pour financer ses immeubles, « c’est l’argent qu’on reçoit pour donner des cours et faire la recherche qui finit par subventionner des bâtiments, tandis que dans d’autres institutions publiques, ce n’est pas le cas », soutient le responsable intérimaire à l’information de la SEUQAM.

Le mandat uqamien à clarifier
Outre le budget, la présidente du SCCUQ souhaiterait que le prochain recteur s’intéresse à l’avenir de l’Université en tant qu’institution d’enseignement.

Quelle est la place de la formation? La place de la communauté? C’est quoi la vision de l’Université? Parce qu’en ce moment il y a beaucoup de pression sur le plan international pour qu’on devienne une industrie du savoir. Est-ce qu’on n’oubliera pas ainsi nos missions?
Marie Blais, présidente du SCCUQ.

Cette dernière souhaite aussi que les candidats à la course au rectorat soient disponibles afin de répondre aux questions. « On va essayer de trouver du temps, déclare la présidente. La période est extrêmement courte pour la course », déplore-t-elle.

« On a l’impression que l’UQAM, plutôt que de se tenir debout devant le gouvernement et de réclamer des investissements, se retourne à l’interne et coupe dans les services », affirme Samuel Cossette, représentant étudiant sur le conseil d’administration de l’UQAM. Ce dernier nuance toutefois son propos en rappelant que le recteur ou la rectrice n’a pas tous les pouvoirs et que ce dernier a parfois les mains liées par les compressions économiques venant de Québec.

Le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQAM, Normand Petitclerc (secrétaire général), André Dorion (vice-recteur) et Johanne Fortin (directrice du secrétariat des instances) n’ont pas souhaité s’entretenir avec le Montréal Campus.

Photo: ALEXIS BOULIANNE MONTRÉAL CAMPUS
Illustration: AUDREY MALO COLLABORATION SPÉCIALE

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