À la uneUQAMFaire rayonner l’UQAM sans en recevoir le crédit

Avatar Michaël Laforest9 mars 20173 min

Les cours de simulations étudiantes, comme celles des Nations unies ou de l’OTAN, comptent pour trois crédits à l’UQAM. L’Association modulaire des baccalauréats interdisciplinaires des champs d’études politiques (ABICEP) souhaite remédier à cette situation et veut que le nombre de crédits pour ces cours soit doublé.

Antidote 10

« On ne devrait pas avoir à accepter de travailler deux sessions pour un seul cours », déplore Julien Simard, membre au sein de l’exécutif de l’ABICEP, qui a toutefois précisé au Montréal Campus parlé en son nom. La Faculté de science politique et droit de l’Université « ne respecte pas l’article 1.4.1 du règlement cinq qui stipule qu’un crédit correspond à 45 heures d’apprentissage », soutient l’étudiant. Il juge que les étudiants ont rempli « plusieurs fois » ces 45 heures, jonglant entre les salles de classe et les événements pour y récolter de l’argent. « Il y a des comités qui vont organiser des soirées cocktails, d’autres des loteries, des ventes de cactus […]. On a l’impression de faire plus que notre juste part. »

MSimard estime par ailleurs que l’UQAM applique une politique « de deux poids, deux mesures » en ce qui a trait aux simulations étudiantes. Une activité similaire, celle du concours de plaidoiries, est reconnue à hauteur de six crédits, rappelle-t-il, une situation « injuste» qui le porte à croire que les études en droit sont plus « valorisées » que les autres.

Proposition à l’étude

Dans une entrevue téléphonique avec le Montréal Campus, le doyen de la Faculté de science politique et de droit, Hugo Cyr, assure qu’il « valorise beaucoup » ce genre d’activités. Citant au passage l’exemple du concours de plaidoiries, il considère également que les simulations sont « gagnantes sur le plan pédagogique et humain » puisque les étudiants « établissent des liens et forment une solidarité à long terme » avec leurs collègues lors de ces activités. Il se dit donc « ouvert à une étude du projet » soumis par l’ABICEP, tout en spécifiant au passage que les décisions considérant les crédits alloués à un cours ne sont pas de son ressort, mais plutôt de celui des comités de programme.

Le coordonnateur des programmes de premier cycle, Sébastien Dorais affirme pour sa part que « chacun des comités de programme devra se pencher sur la proposition » puisque les simulations sont interdisciplinaires. « Comme toutes les autres propositions, [celle de l’ABICEP] sera étudiée », poursuit-il, ajoutant qu’« il n’y a pas de préjugé défavorable » en ce qui la concerne. La demande de l’ABICEP sera examinée par le comité de programme avant la fin de la session.

Échos sur la montagne

Les doléances de l’ABICEP trouvent écho à l’Université de Montréal (UdeM), où le même genre d’activité rapporte trois crédits aux étudiants qui y participent. Nicolas Synnott, membre de l’exécutif de la Délégation des Nations Unies de l’UdeM affirme que « des ajustements au niveau de la structure du cours étaient nécessaires » afin de conserver les acquis des étudiants: « Après discussions avec le Département, tout le monde a réalisé que les trois crédits étaient toujours valables. » Il stipule aussi que « le professeur encadre l’exécutif, mais c’est l’exécutif qui donne le cours », tout en ajoutant ainsi une charge supplémentaire à leur parcours universitaire.

« La Faculté, autant que les étudiants, veut que l’UQAM soit valorisée », estime en outre Julien Simard. Ce dernier ajoute que les simulations sont « une chance inestimable » pour les étudiants, qui devraient tout de même recueillir le fruit de leurs efforts.

Photo: FÉLIX DESCHÊNES MONTRÉAL CAMPUS

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