À la uneCultureQuand le théâtre parle de terrorisme

Avatar Léa Martin23 février 20173 min

Du 22 février au 3 mars, les finissants de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM présentent la pièce 11 septembre 2001, mise en scène par Emmanuel Schwartz, une pièce qui traite de la question du terrorisme dans toute sa complexité et ses paradoxes.

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La pièce 11 septembre 2001 présentée au Studio-d’essai Claude-Gauvreau est une adaptation du texte initial de Michel Vinaver qui récence une multitude de témoignages et de phrases lues ou entendues dans les médias suite à l’attentat des tours jumelles. Dans ce texte, les répliques sont organisées dans une certaine musicalité.

Une pièce que le metteur en scène, Emmanuel Schwarts, décrit comme un oratorio documentaire : un collage de textes très rythmique où la seule dramaturgie est celle des répliques. « J’y ai ajouté des textes de Georges Bataille, de David Foster Wallace et de Robert Davreu pour avoir un petit peu de prose, de la prose poétique et de la poésie pure », explique Emmanuel Schwarts.

Pour le metteur en scène, ce collage de texte était idéal pour une classe d’étudiants. « Je trouvais que la forme oratorio documentaire que prend le texte de Vinaver était parfaite pour distribuer le texte également dans une cohorte d’étudiants, puisqu’il n’y a pas vraiment de premiers ou de seconds rôles », indique-t-il. Ce texte était aussi une manière pour lui de confronter les jeunes comédiens à la pensée politique. Une initiative qui est venue toucher plusieurs étudiants dans leur style de jeu et leurs idéaux.

Une réflexion sur le terrorisme

Pour les deux jeunes comédiens finissants de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM, Maude Demers-Rivard et Thomas Mundinger, 11 septembre 2001 est un projet qui les a fait beaucoup réfléchir. Cela fait maintenant plus de trois mois qu’ils travaillent sur ce projet, à raison de plus de 15 heures par semaine.

« Je pense que ça nous force à nous positionner sur des choses qui sont plus grandes que nous », dit Maude Demers-Rivard. C’est un projet de grande envergure et ça nous dépasse, même nous en tant qu’interprètes, on ne sait pas vraiment comment se positionner là-dessus », ajoute-t-elle.

Thomas Mundinger croit que même si les événements du 11 septembre 2001 ont eu lieu il y a 16 ans, on finit par se rendre compte qu’ils sont encore très d’actualité vus le nombre d’attentats qui se perpétuent à notre époque. « On ne s’en rend peut-être pas compte, mais on est encore là-dedans. Ça a été un point de départ crucial », explique-t-il. Juste de nommer et de faire quelque chose avec cet événement, ça te force à te positionner, mais en même temps à réfléchir sur les répercussions que ça a eues », ajoute-t-il.

Dans cette pièce, les comédiens et comédiennes donnent une prestation très physique qui fait passer les émotions par le mouvement. Une production qu’Emmanuel Schwartz qualifie de « théâtre bougé » où les neuf finissants jouent 38 personnages.

Une pièce de paradoxes

« Je crois que ce que le spectacle fait le mieux, c’est de présenter le paradoxe qui existe dans la manière que l’on perçoit ces événements », déclare Emmanuel Schwartz. C’est-à-dire un immense paradoxe entre l’intime et le public, entre la foi et la loi et entre une réflexion et un acte. C’est ce même genre de caractère double à notre réalité aujourd’hui que ce théâtre peut peut-être redonner au spectateur », renchérit-il.

Une pièce qui montre donc plusieurs réalités; les deux faces d’une même médaille. La réalité de celui qu’on appelle terroriste, qui peut être marquée par la souffrance, et celle des victimes dans laquelle il peut y avoir de la haine. Une pièce qui montre le paradoxe dans une société qui, selon Emmanuel Schwartz, a besoin d’en entendre parler.
Photo: JASMINE LEGENDRE MONTRÉAL CAMPUS

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