À la uneCultureUn nouveau classique montréalais

Avatar Daniela Vargas Rojas14 décembre 20162 min

Des rires entre amis autour d’une table et de la bière qui traîne sur le plancher. Le souvenir lointain d’une histoire loufoque qui nous plonge dans le passé, mais surtout tout pour rigoler à propos du moment présent. Avec sa deuxième édition, la pièce Foirée montréalaise visite les quartiers populaires de l’arrondissement Sud-Ouest de Montréal pendant laquelle six conteurs relatent des anecdotes d’une riche qualité culturelle.

Foirée montréalaise, une production du Théâtre Urbi et Orbi présentée à La Licorne, met en scène les histoires des habitants du Sud-Ouest. Le concept, qui est de retour pour une deuxième année, propose de faire le tour de l’Île pour rendre hommage à différents quartiers de Montréal en présentant les talents du coin.

Foirée montréalaise s’inspire de la célèbre émission Soirée canadienne où on met de l’avant le concept du maître de cérémonie. Celui-ci est accompagné de musiciens folkloriques, ce qui permet de peaufiner la transition entre les différents contes. La musique, un mélange de sons traditionnels, pops et électros, portée par le groupe Mélisande Électrotrad, colore la pièce avec originalité.

Après avoir visité l’arrondissement Saint-Laurent l’an dernier, cinq quartiers de l’arrondissement du Sud-Ouest, soit Saint-Henri, la Petite-Bourgogne, Pointe-Saint-Charles, Griffintown et Ville-Émard, sont représentés par une palette d’artistes qui transportent le public grâce aux anecdotes de leur quotidien.

Avec un récit qui sort de l’ordinaire, la comédienne Marie-Jeanne Boucher évoque les moments où la nervosité et la frustration peuvent nous amener à poser des gestes irréparables. Son attitude névrosée a été la preuve de la remarquable authenticité de son histoire. Parmi d’autres, l’auteur et comédien François Archambault vit une crise existentielle dans les nouveaux condos qui bordent le canal Lachine, tandis que Mylène Bérubé retourne au siècle dernier lors de la révolte contre les coupes salariales des travailleurs à Pointe-Saint-Charles. De son côté, le conteur Simon Boulerice revisite le roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy, grâce à sa rencontre avec un personnage emblématique du quartier Saint-Henri.

Une panoplie d’éléments de mise en scène joue aussi un rôle important dans le développement de la pièce. Par exemple, les projections vidéo sur grand écran accompagnent la troupe en dressant la chronologie de l’histoire des quartiers et en présentant un vox pop avec ses résidents. De plus, un effet de fumée a été utilisé pendant la pièce pour enrichir l’expérience des spectateurs. Les conteurs ont su maintenir un ton jovial tout au long de la performance et ont su amuser et surprendre le public grâce à des moments tant loufoques qu’inattendus.

Par contre, la longueur de la pièce laisse toutefois à désirer. Certains segments pourraient être éliminés pour maintenir un bon rythme et favoriser l’interactivité avec les spectateurs. S’inscrivant dans l’ambiance du temps des Fêtes, Foirée montréalaise demeure un incontournable pour ceux qui veulent se réchauffer le cœur en se remémorant des souvenirs lointains.

Photo: JEAN-FRANÇOIS BOUDREAULT 

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