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Avatar Geneviève Jetté22 septembre 20163 min

Pour l’organisme communautaire le Y des femmes, le consentement sexuel demeure mal interprété par les jeunes de 16 à 25 ans. Afin de corriger la situation, l’organisme a élaboré une expérience de réalité virtuelle qui fait vivre aux participants une situation de harcèlement.

Le consentement désigne l’action de donner son accord à une action, à un projet. C’est un acquiescement, une approbation, un assentiment; telle personne agit avec ou sans mon consentement. La définition du consentement sexuel est identique.

Selon la coordonnatrice des services jeunesse au Y des femmes, Delphine Berger, des idées erronées subsistent dans l’interprétation du consentement chez les jeunes. Même lorsqu’ils savent de quoi il s’agit, il est quand même difficile pour eux d’appliquer la notion du consentement dans leur propre vie.

Le projet du Y des femmes, organisme qui lutte contre l’exclusion, les inégalités et la violence faite aux femmes, s’intitule Connais-tu LA limite? – Le consentement en 360. L’expérience de réalité virtuelle permet au spectateur de s’introduire dans la peau d’une jeune femme envers qui un jeune homme s’acharne pour avoir des rapports sexuels avec elle. « Ça fait réfléchir. [Les garçons] se rendent compte, pour la première fois, de ce que ça fait quand ils rentrent dans la bulle [d’une fille] et qu’ils insistent », explique Delphine Berger.

Consentement 360 permet au participant de vivre le malaise de la jeune femme et c’est cet élément-clé de la vidéo qui entraîne une prise de conscience des actions chez les garçons. Pour les filles, l’importance du «non» prend tout son sens. Selon Gabrielle Trépanier-Jobin, professeure en jeux vidéo et industries culturelles à l’École des médias de l’UQAM, la réalité virtuelle est l’un des meilleurs médiums pour susciter l’empathie. «En simulant un contexte où le consentement sexuel est remis en cause avec 360 degrés d’images en point de vue subjectif, la réalité virtuelle permet […] de se mettre à la place de la victime et de réaliser que la réalité est plus complexe qu’on peut se l’imaginer», décrit-elle.

Apprendre par le vécu

Le réalisateur, Emanuel St-Pierre, désirait proposer l’univers virtuel le plus réaliste possible. La vidéo d’une dizaine de minutes plonge donc le participant dans une conversation normale, et toute sauf stéréotypée. « C’est comme si un serveur ou une serveuse, tout à fait ordinaire, insistait pour que je prenne un dessert, alors que j’ai refusé, et qu’à la fin on me mettait la cuillère dans la bouche », illustre le réalisateur en définissant le consentement.

Après son passage au festival OUMF et son lancement au Square Cabot, l’expérience du consentement en 360 du Y des Femmes est déjà sollicitée de par les écoles secondaires, cégeps et universités, signe d’un engouement certain pour ce projet avant-gardiste.

 

Vous pourrez tester l’expérience de réalité virtuelle vendredi, le 23 septembre, au métro Mont-Royal.

Photo: Catherine Legault

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