À la uneCultureLa LicUQAM, un cocktail humoristique gagnant

Avatar Titouan Moal26 avril 20164 min

Ce samedi se termineront les séries de la Ligue d’improvisation centrale de l’UQAM (LicUQAM). L’occasion de revenir sur cette association étudiante au seul et unique but: faire rire.

Cette année, la LicUQAM fête ses 21 ans. «Au début ça s’appelait Impro UQAM. Des étudiants avaient créé ça dans le but de faire seulement un match. Ça a été tellement populaire qu’ils ont décidé de continuer», raconte le président de la LicUQAM, Charles Ferland, également capitaine de l’équipe Alizé. Aujourd’hui, la ligue amateur compte 24 joueurs. Tous les vendredis, ils se rencontrent à tour de rôle au Département Bar & Bouffe, afin de s’affronter dans des matchs à l’ambiance amicale.

Pour le président de la ligue, il n’y a pas de compétition féroce. «On est une ligue unie, on est plus des amis que des rivaux», souligne-il. Et pourtant, ce n’est pas le niveau qui manque, de nombreux joueurs de la ligue pratiquant l’improvisation depuis près de 10 ans. «Le bassin de joueurs qui se retrouvent à l’UQAM et qui ont fait de l’impro au cégep est vraiment important. C’est facile de piocher là-dedans.» Selon Charles Ferland, environ 80% des joueurs ont déjà fait partie d’une ligue au milieu collégial.

«On a une des meilleures ligues universitaires de Montréal», affirme la capitaine du Mistral, Valérie Tellos. Et pour preuve, ces deux dernières années, l’équipe de la LicUQAM s’est rendue en finale de la Coupe universitaire d’improvisation. «Récemment, ils ont joué contre la Ligue nationale d’improvisation (LNI) et ils ont tenu tête! Certaines de leurs impros étaient même meilleures que celles de la LNI», rapporte Marie-Pier Dupuis, étudiante en communication à l’UQAM, qui suit assidûment la LicUQAM depuis deux ans.

«C’est la notion même de décrocher un vendredi soir. C’est pas trop tard, pas trop cher non plus, et c’est directement à l’UQAM. C’est une bonne façon de terminer la semaine», poursuit l’étudiante. Pour elle, les matchs de la LicUQAM sont un rendez-vous fixe.

Les joueurs sont quant à eux ravis de reconnaître certains visages. «On pourrait même penser à faire une passe de saison, y’en a qui payent trois dollars tous les vendredis pour venir nous voir, raconte-t-il à la blague. Il y en a même un qui venait déjà à l’époque où mon coach jouait dans la ligue. Personne ne le connaît, mais il est là tous les vendredis.» Le contact avec le public est très important, puisque c’est lui qui vote pour le vainqueur de chaque round. «Ça influence énormément les joueurs, quand il y a beaucoup de monde, ils sont plus motivés», ajoute Marie-Pier Dupuis.

Sélectionné pour briller

Chaque joueur est soigneusement choisi à chaque saison. En début d’année, les joueurs de l’année précédente se rassemblent et votent pour ceux qui souhaitent devenir capitaines. Puis, un camp d’improvisation est organisé afin que les capitaines et leurs coachs puissent sélectionner leurs joueurs. Seul pré-requis: avoir au moins un cours à l’UQAM dans l’une des sessions. «J’ai choisi des gens avec qui j’avais envie de jouer. Il y en a contre qui j’avais déjà joué au cégep, des gens que j’appréciais», explique Charles Ferland.

Selon la capitaine du Mistral, les joueurs talentueux de la LicUQAM ont un bon avenir dans les ligues d‘improvisations, car, bien qu’amateur, la ligue est un véritable tremplin. «L’année passée, mon coach m’a pris dans son équipe à la Boréale», mentionne Valérie Tellos. La Boréale est une ligue d’improvisation estivale populaire à Montréal. Marie-Pier Dupuis, qui va aussi voir d’autres ligues d’improvisation à l’occasion, revoit souvent les mêmes visages. «Le milieu de l’impro est assez “consanguin”, les joueurs jouent souvent dans plusieurs ligues. C’est le fun de les voir interagir avec d’autres joueurs aussi!», s’exclame-t-elle.

Créer sous pression

Pour les deux capitaines, l’improvisation est synonyme d’adrénaline. « J’aime le fait de se mettre sous pression de créer. C’est comme si tu avais un travail à remettre et que tu t’y mettais au dernier moment, pas le choix d’aller de l’avant. C’est super stimulant», explique Charles Ferland. Une chose est certaine, pour Valérie Tellos, la complicité est un ingrédient essentiel. «Il faut cliquer avec la personne qui joue avec toi, il faut créer une histoire avec cette personne. Il n’y a pas beaucoup de temps, faut se sizer rapidement», illustre-t-elle.

Parmi les acteurs et actrices qui sont passés par la LicUQAM, on compte notamment Anne-Élisabeth Bossé, reconnue pour avoir joué le rôle de Charlène dans Série noire ou encore Édith Cochrane, qui a joué dans Les Invincibles. «Il y a beaucoup de monde de la LNI qui est passé par la LicUQAM», précise Valérie Tellos. Un objectif auquel aspirent plusieurs improvisateurs de la LicUQAM.

Le Zéphyr affrontera le Sirocco lors de la grande finale de la LicUQAM le 29 avril.

Photo: Félix Deschênes
Le capitaine de l’équipe Alizé, Charles Ferland

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