À la uneUQAMPlus cher qu’ailleurs

Le contrat que l’UQAM pourrait signer avec la firme Garda serait le plus important depuis 2008, toutes universités montréalaises confondues.

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Le Montréal Campus a analysé tous les contrats conclus entre les universités montréalaises et des firmes de gardiennage depuis 2008 et disponibles via le Système électronique d’appel d’offres du Gouvernement du Québec (SEAO). Que ce soit pour le montant total du contrat octroyé ou pour le montant annuel dédié à ces ententes, l’UQAM dépense plus que l’université Concordia, l’université McGill et l’Université de Montréal.

Depuis 2013, Concordia est liée aux Corps des commissionnaires pour un contrat d’un montant de 26,3 millions de dollars pour une durée de cinq ans. L’Université débourse donc annuellement 5,2 millions de dollars par année. McGill est, quant à elle, sous contrat avec la firme Securitas depuis 2014 pour un montant total de 12,3 millions pour cinq ans. Finalement, l’Université de Montréal clôt le palmarès avec un contrat de 2,9 millions de dollars pour cinq ans avec la compagnie Garda.

L’UQAM payerait donc 23% plus cher son contrat annuellement que sa plus proche consoeur universitaire. Le potentiel contrat de 48,1 millions de dollars est également plus cher annuellement que la précédente entente conclue par l’Université. Tel qu’indiqué dans le procès-verbal du Conseil d’administration du 29 avril 2008, l’UQAM avait alors conclu un contrat de 36,1 millions de dollars pour une durée de sept ans avec la firme Kolossal Inc., soit 5,1 millions annuellement. Celui que Garda obtiendrait se chiffrerait annuellement à 6,8 millions, une augmentation de 33%.

UQAM sous le choc

«Je ne suis pas contre le gardiennage, mais elle est où la priorité de l’Université?, s’est exclamée la présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQAM (SCCUQ), Marie Blais. Je ne savais pas, je suis extrêmement étonnée, on est sans voix.»

Du côté du Syndicat des employé-es de soutien de l’UQAM (SEUQAM), une source préférant garder l’anonymat a déploré le fait que l’UQAM se tourne majoritairement vers la sous-traitance pour ses services de gardiennage. Le taux horaire des agents de sécurité reviendrait moins cher à l’Université si elle prenait en charge ce service à l’interne, selon cette même source.

La porte-parole du Syndicat des employé-es étudiant-es de l’UQAM (SETUE), Chloé Fortin Côté, s’est dite déçue et consternée des décisions de l’administration. «Alors que l’UQAM nous dit qu’elle n’a pas d’argent pour nous payer [les employés étudiants], qu’elle augmente de la sorte le contrat des gardiens de Garda, ça n’a aucun sens», souligne-t-elle.

«C’est regrettable que des instances de l’UQAM soient perturbées comme ce fut le cas hier [mardi]», a déploré la porte-parole de lUQAM, Jenny Desrochers, en réaction à l’annulation de la réunion du C.A. de l’UQAM après que des manifestants aient bloqué l’accès au pavillon Athanase-David. Or, elle refuse de commenter le potentiel contrat, puisque celui-ci est toujours confidentiel.

Il est impossible pour le moment de confirmer la date de la prochaine rencontre du Conseil d’administration.

Photo : Alexis Boulianne

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