À la uneCulturePetite racaille deviendra grande

Avatar Samuel Lamoureux17 mars 20163 min

Ils sont six jeunes rappeurs de la Rive-Sud, les Racailles de Basse-Ville. Mais pas n’importe quelle Rive-Sud, on parle ici de La Prairie, petite ville de 25 000 habitants, assez grande pour supporter leur idéal «d’après vie».

Rencontrés autour d’une bière au bar le Département de l’UQAM, Chaperdu et BizarreMoinsQuart viennent parler de leur nouvel album, La Pastorale. On sent que quelque chose s’est passé depuis leur première EP, Poésie de singe, parue l’an dernier, comme une progression autant dans la qualité des beats que dans la profondeur des textes. Grâce aux premières prestations devant public, les rimes sont maintenant plus resserrées et potentiellement plus adaptées à la livraison en spectacle.

Né en plein cœur du printemps érable, en 2012, le projet Racailles de Basse-Ville (RBV) a toujours eu un côté revendicateur, assure Chaperdu. «L’idée de se regrouper tous ensemble pour faire du rap provient directement de la grève de 2012, assure-t-il. C’était une vibe, on était ensemble dans les manifs et l’inspiration artistique revendicatrice est venue naturellement.» Ouvrant plusieurs fronts grâce à leurs textes, comme Torréflexion contre la religion, le premier combat est très clair pour BizarreMoinsQuart. «La souveraineté du Québec, ou plutôt l’émancipation québécoise par le français, c’est omniprésent dans nos textes», explique-t-il.

Elle est là, la variante unique du groupe. Le fait de ramer à contre-courant en chantant du rap 100% en français dans un Québec où les plus grands albums rap du moment sont en franglais. Une façon de rester authentique pour le band, mais surtout de rester fidèle à son inspiration. «On prend nos sources dans toute l’histoire de la musique québécoise, affirme Chaperdu. Certains diront qu’il y a du Loco Locass dans ce qu’on fait. Je pourrais répondre qu’il y a aussi du Cowboy, du Daniel Bélanger, etc. On a même sampler Félix Leclerc dans Poésie de Singe».

Assumer le français et le défendre est aussi un retour à leurs racines, selon eux. Cet éveil de la nature se manifeste particulièrement dans la chanson La Pastorale. Rédigée dans un chalet, dans un moment de pur abandon à l’écriture, le groupe y a vu un rite de passage, un éveil, avec même une certaine touche de primitivisme.

Du FrancoFunk

S’il est clair que RBV est un band de rap, l’étiquette Hip-Hop est loin de coller à la peau de BizarreMoinsQuart. «C’est certain qu’on fait de la poésie, mais personnellement, j’y vois plus du funk que du rap. On fait du francofunk, carrément».

Même s’ils passent la majorité de leur temps à Montréal, étudiant à l’UQAM pour deux d’entre eux, les gars de RBV n’oublient jamais la Rive-Sud et La Prairie. La nostalgie d’une certaine jeunesse est une source d’inspiration constante, là où toutes les premières fois ont pris réalité, même un album complet de Hip-Hop/funk engagé.

L’album La Pastorale sera lancé à l’hémisphère gauche le 18 mars en compagnie de l’Amalgame.

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