À la uneOpinion>Mots tabousUne transparence opaque

Avatar Ariane Labrèche16 février 20162 min

L’UQAM a récemment publié son nouveau Plan stratégique 2015-2020, dans lequel la direction détaille ses ambitions pour le quinquennat à venir. Parmi elles, une orientation retient particulièrement l’attention: l’amélioration de l’accès à l’information. Cette volonté ne s’exprime toutefois que sur papier, la majorité des étudiants et employés étant confrontés jour après jour à une véritable omerta.

Antidote 10

Les objectifs inscrits dans ce Plan stratégique sont généralement à l’opposé de la réalité vécue par l’équipe du Montréal Campus depuis le début de l’année. L’administration écrit qu’elle souhaite une «transparence accrue des processus de décision et de gestion budgétaire». Impossible toutefois pour nous d’avoir une copie du budget, malgré des demandes d’accès à l’information répétées.

L’UQAM souhaite être «attentive aux personnes et à leurs besoins, de veiller à leur santé et à leur sécurité […]». Or, elle menacé neuf étudiants d’expulsion au printemps dernier en usant d’un processus des plus opaques, sans fournir de véritable explication à sa communauté étudiante. Impossible, là encore, d’obtenir les procès-verbaux des audiences tenues dans un hôtel quatre étoiles, ou même la preuve vidéo sur laquelle s’est appuyée la direction lorsqu’elle a expulsé Justine Boulanger, ni les honoraires d’avocats encourus lorsque celle-ci a contesté son expulsion. Même si l’université a depuis mis en place un nouveau Comité disciplinaire afin de mieux encadrer les infractions, le Conseil d’administration nomme encore les membres qui y siègent, malgré les demandes des associations étudiantes. Au diable l’écoute des «besoins et des préoccupations de sa communauté».

L’UQAM vante dans ce Plan stratégique sa capacité à «ouvrir des espaces de dialogue et de communication» et à créer une «dynamique constructive de partage et d’échange». Impossible jusqu’à maintenant pour notre équipe de procéder à la traditionnelle entrevue annuelle avec Robert Proulx, qui n’accorde plus d’entretiens. Avec trois syndicats en négociations, l’annulation de l’allocution de Robert Proulx, censée avoir lieu le 14 janvier, a été vécue comme une insulte de plus par la communauté universitaire.

«L’université tour d’ivoire (si tant est qu’elle ait jamais existé !) ne caractérise plus le modèle universitaire du 21e siècle», lit-on dans le Plan stratégique. La direction se ment. La preuve, elle se contente de balancer des «Info-direction» depuis la lucarne du rectorat et démontre ainsi qu’elle n’a pas le leadership nécessaire pour braver l’orage et entamer un véritable dialogue avec la communauté universitaire.

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