À la uneUQAML’ESG victime d’inflation de notes

Avatar Jean-Philippe Guilbault10 février 20163 min

Tentant de maîtriser un problème d’inflation des notes au 1er cycle, le comité de régie de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM cherche à influencer la correction de ses enseignants.

Le Montréal Campus a obtenu une copie d’un courriel envoyé aux enseignants au 1er cycle de l’ESG et signé par le vice-doyen aux études, Antonello Callimaci, rappelant une résolution adoptée en mai 2015 par le comité de régie. Celle-ci recommande aux départements «d’assurer le suivi de tous les groupes-cours au 1er cycle ayant une moyenne entre 3,2 et 3,49/4,30 pour sensibiliser les enseignants à viser une moyenne ne dépassant pas 3,0 pour chacun des groupes-cours». Le comité de régie invite également à «interpeller les enseignants pour qu’ils justifient toute moyenne supérieure ou égale à 3,5/4,3 dans un groupe-cours de 1er cycle à l’ESG.»

Cette décision découlerait d’un problème d’inflation des notes au sein de l’École des sciences de la gestion. «La résolution du comité de régie de l’ESG est d’abord une intervention préventive, explique par courriel Antonello Callimaci. La situation n’est pas encore problématique, nous souhaitions intervenir avant qu’elle ne le devienne.»

Après vérifications, il a été possible de confirmer qu’une telle initiative n’était pas en vigueur dans les facultés des Sciences, des Arts ou des Communications de l’UQAM. Le doyen de la Faculté des arts de l’UQAM, Jean-Christian Pleau, s’interroge d’ailleurs sur la légitimité de diriger la correction des professeurs. «Les enseignants évaluent selon leur expertise et leur jugement, et attribuent les notes en conformité avec les procédures et normes décrites à l’article 7 du Règlement des études de premier cycle», précise-t-il lors d’un échange de courriels. Le vice-doyen aux études de l’ESG défend l’initiative prise par le comité de régie. «L’excellence est une valeur fondamentale que nous ne voulons pas brader, souligne Antonio Callimaci. […] la directive transmise ne retire aucunement la responsabilité de l’évaluation à l’enseignant, c’est ce dernier qui évalue et note chaque étudiant. Nous donnons la marque de 3,0 à titre de référence (soit près de 75%), aucune contrainte n’y est associée.»

Des moyennes en hausse libre

Un enseignant au premier cycle de l’ESG préférant conserver l’anonymat ne blâme pas l’initiative prise par l’administration de l’École, mais juge que le problème a des racines profondes. «La session dernière, je donnais un cours siglé ECO1000 [théoriquement adressé à des étudiants de première année] et près de la moitié de mes étudiants étaient en troisième année d’études, explique-t-il. Sans même se présenter aux cours, ils ont obtenu d’excellentes notes, haussant ainsi la moyenne générale du groupe.» Pour cet enseignant, la progression des cours devrait être mieux encadrée puisqu’il n’est pas rare que des étudiants en fin d’études de premier cycle s’inscrivent à des cours d’introduction afin d’obtenir facilement de bons résultats.

L’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion n’a pas tenu à commenter l’affaire, puisqu’elle n’a pas reçu de plainte officielle d’étudiants de la faculté.

Photo : Alexis Boulianne

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