À la uneCultureAuschwitz, comme si vous y étiez

Avatar Philippe Lemelin8 janvier 20162 min

Les cris, les coups de feu, la fumée….et les corps, des corps partout. Le film hongrois Le fils de Saul (titre original : Saul Fia) fait vivre l’horreur des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale comme jamais auparavant.

Saul Auslander est un Sonderkommando, un prisonnier forcé d’exécuter la sale besogne des nazis dans un crématorium d’Auschwitz. Un jour, Saul retrouve un garçon parmi les cadavres de ses confrères juifs qu’il reconnaît comme étant son fils. Il se donne alors la mission impossible de trouver un rabbin et de l’enterrer dignement, loin des flammes des fours crématoires.

Le réalisateur hongrois Làzlò Nemes a su recréer l’horreur de l’Holocauste sans la montrer réellement. Les crimes sans nom perpétrés dans les camps sont majoritairement flous ou hors-champ. Les sons, eux, sont omniprésents. Le spectateur se retrouve ainsi à imaginer toute la violence autour de Saul, ce qui est bien pire que de la voir concrètement. La caméra, toujours braquée sur le visage du personnage principal, le suit partout en longs plans-séquences. Le film, tourné en 35mm – un format beaucoup moins large qu’une pellicule ordinaire – est un portrait, totalement subjectif et partiel car fixé sur une seule personne. La caméra est obsédée par son sujet, tout comme Saul est obsédé par sa quête.

Le fils de Saul réussit à nous faire vivre ce qu’était Auschwitz: l’enfer sur terre. Ce long-métrage choquant laisse le spectateur complètement déstabilisé. La barrière de la langue importe peu, car les dialogues sont rares et les expressions faciales des personnages parlent d’elles-mêmes. Bien qu’il soit difficile à regarder, Le fils de Saul n’en demeure pas moins un film à voir absolument, au même titre que The Pianist ou Schindler’s List.

Récipiendaire du Grand Prix à Cannes en 2015, il est également en nomination pour le meilleur film en langue étrangère aux Oscars.

Le fils de Saul sera à l’affiche dès le 15 janvier.

4,5/5

Photo : Laszlo Nemes

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