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Avatar Raphaëlle Ritchot27 octobre 20154 min

Malgré les préjugés associés aux films de genre, leur popularité a monté en flèche ces dernières années grâce à l’intérêt grimpant des cinéphiles pour des festivals tels que le Festival de Films Fantasia. Cette popularité ne se reflète toutefois pas au sein des étudiants en cinéma de l’UQAM.

Montréal offre une diversité de festivals dans presque tous les domaines et le cinéma n’y fait pas exception, notamment grâce au Festival Fantasia, reconnu pour sa programmation de films de genre de qualité. Depuis 2013, c’est plus de 100 000 spectateurs qui assistent chaque année aux projections et participent aux activités du festival, selon ses organisateurs. D’autres festivals se frottent aussi au cinéma de genre, tel que le Festival du Nouveau Cinéma (FNC) qui inclut des films plus singuliers dans sa section Temps Ø. «Temps Ø, c’est une programmation similaire à Fantasia, mais puisque le FNC se veut plus sérieux, peut-être que les gens sont plus portés à y aller en ayant l’impression que c’est de meilleure qualité», souligne le finissant en cinéma de l’UQAM, Frédéric Chalté.

Le Festival Fantasia définit le cinéma de genre comme étant «large et en évolution constante», un élément qui pourrait expliquer sa hausse de popularité depuis les dernières années, selon Michael Charron, également étudiant en cinéma à l’UQAM. «J’ai toujours trouvé que le cinéma ça se séparait en trois ; le divertissement, le cinéma d’auteur et les films de genre, mentionne-t-il. Mais en ce moment, il y a de plus en plus de cinéastes qui mélangent les trois, c’est probablement pour ça que ça attire de plus en plus de personnes.»

Un style plus accessible

La présence de films de genre dans les cinémas comme Excentris, même si elle n’est pas très élevée, prouve aussi l’intérêt de certains amateurs. Depuis peu, Excentris a même un partenariat avec le Festival Fantasia dans le but d’offrir une programmation plus diversifiée au sein de leur cinéma, selon le responsable de sa programmation, David Lamarre. «Nous aussi on avait l’impression qu’il y avait une augmentation de l’appréciation du cinéma de genre par le public cinéphile, lance le responsable. On peut le remarquer avec la réception critique du film It follows, qui est un des titres qui a été bien reçu par la critique cinéma en général, récemment.»

De son côté, l’adjoint à la programmation de la Cinémathèque québécoise, Alexandre Mingarelli, partage le même avis. «On peut noter un certain engouement plutôt récent pour le cinéma de genre. On remarque depuis quelques années une vague de nostalgie pour les années 1980, période assez faste pour le cinéma de genre, avec des films comme Wes Craven, Carpenter, Hooper, mentionne-t-il. Cette nostalgie a un écho dans un certain cinéma avec les récents succès de films tels que Turbo Kid ou It Follows.»

L’UQAM, dans une autre catégorie

Malgré un certain mouvement de popularité pour le cinéma de genre et les festivals comme Fantasia ici à Montréal, ce ne sont que très peu d’étudiants en cinéma de l’UQAM qui se dirigent vers cette avenue.

«Dans ma classe, on est peut-être deux à vouloir se diriger vers le cinéma de genre. On va toujours voir des films en même temps, parce qu’on est les deux seuls que ça intéresse» explique Michael Charron.

Selon Frédéric Chalté, un film de genre est un film qui s’inscrit dans un genre particulier et qui a des limitations. Faire des films très codifiés repousserait possiblement les autres étudiants, plus indifférents. «Mes collègues à l’université me soutiennent dans le film que je fais. Plusieurs même, trippent sur Fantasia, apprécient et comprennent la valeur que ça a, même s’il ne se dirigent pas vers ça», conclut l’étudiant, qui s’affaire présentement, à la réalisation d’un film d’horreur dans le cadre de ses études.

D’un autre côté, le professeur en cinéma à l’École des médias Denis Chouinard croit que les étudiants s’intéressent aux films de genre comme divertissement et qu’ils le considèrent intéressant au niveau des influences stylistiques. «Quand vient le temps de déposer, d’écrire et de réaliser un projet, les étudiants ont tendance à choisir quelque chose de plus personnel, qui tombe plus dans l’ordre des relations humaines», poursuit-il. L’enseignant souligne que contrairement à d’autres écoles de cinéma, qui sont rattachées aux facultés des arts, le programme de cinéma de l’UQAM fait partie de la Faculté de communication. «Peut-être sont-ils influencés par les arts plastiques. Alors que nous, nos voisins c’est le journalisme, la télévision. Est-ce qu’il y a un effet entre les départements qui fait qu’on est influencé par ça ? Peut-être.» conclut-il.

Alors que les futurs cinéastes uqamiens tournent majoritairement le dos aux films de genre, l’offre croit sans cesse, les festivals de ce type gagnent en popularité et les festivaliers sont au rendez-vous.

Photo : Raphaëlle Ritchot

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