À la uneOpinionLettre de Samuel Cossette et Nadia Lafrenière

Avatar Opinion13 octobre 20153 min

Le Conseil d’administration est l’instance où sont adoptées toutes les orientations majeures de l’université. La création de nouveaux programmes, les projets immobiliers et le budget de l’université y sont notamment décidés. Il est composé de six membres de la communauté universitaire, soit trois professeur-e-s, un-e chargé-e de cours et deux étudiant-e-s, de trois membres de l’administration et de cinq membres externes. Les deux membres étudiant-e-s sont élu-e-s pour une durée de deux ans par l’ensemble des étudiantes et des étudiants de l’université. Les élections pour les deux postes étudiants sont présentement en cours, et ce jusqu’au 15 octobre. Nous sommes une candidate et un candidat pour ces postes, et nous souhaitons présenter notre vision du Conseil d’administration.

Contrairement à ce que son nom indique, le CA est pour nous une instance bien plus politique qu’administrative. Les décisions qui y sont prises dans une optique gestionnaire ont un impact concret sur la vie universitaire. La fermeture des bibliothèques le dimanche, par exemple, n’est pour la majorité de ce Conseil qu’une économie, alors qu’elle affecte nombre d’étudiantes et d’étudiants en les privant de ressources importantes. Malgré une apparence de stricte « neutralité administrative », il émane tout de même de cette instance les orientations politiques de l’université. L’exemple des menaces d’expulsions politiques à la session d’hiver est frappant. En dépit de l’opposition d’une écrasante majorité d’associations étudiantes, des syndicats et des instances dirigées par la communauté universitaire, le CA a tout de même choisi d’aller de l’avant et d’alimenter un conflit dans l’objectif de semer un climat de méfiance et de peur au sein de l’université. Il faudrait être dupe pour croire qu’à ce moment, le CA ne remplissait qu’une fonction administrative pour le « bon fonctionnement » de l’institution.

La même situation s’applique pour les coupes budgétaires. On les présente comme « inévitables » et on demande à la communauté de « faire un effort », alors qu’on augmente au même moment le salaire de dizaines de cadres et que l’on dépense des millions de dollars dans l’embauche de gardien-ne-s de sécurité et dans l’installation de caméras de surveillance.

Notre rôle au Conseil d’administration ne serait pas celui d’administrateur et d’administratrice, mais plutôt celui de délégué-e-s défendant les positions de la communauté universitaire, principalement des étudiant-e-s. Nous pensons que de concevoir le CA comme une instance politique nous rendra plus critiques des décisions qui y sont prises et nous permettra de dépasser la logique gestionnaire qui y sévit.

Bien que le CA semble une instance inaccessible sur laquelle nous avons peu de pouvoir, nous pouvons par ces élections envoyer un message politique à l’administration : ses agissements seront surveillés et la communauté est prête à réagir. Nous vous invitons à voter cette semaine pour des délégué-e-s redevables et critiques.

Solidairement,

Nadia Lafrenière

Samuel Cossette

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