À la uneCultureRagers: du $ud $ale à Los Angeles

Avatar Samuel Lamoureux14 septembre 20153 min

Samuel Lamoureux s’est entretenu avec le groupe Ragers dans le cadre du OUMF, le festival de la rentrée dans le quartier latin.

Antidote 10

Ils sont trois, mais font du bruit comme une centaine. Ils portent des masques puisque le monde de la musique est «rempli de requins», viennent de Saint-Hubert, du sud sale, mais enregistrent à Los Angeles. Bienvenue dans le monde de Ragers, un trio qui a du mordant, mais surtout la rage.

Il fallait les voir au OUMF, fermant la soirée du vendredi soir. Après un été à voyager et à fêter de Montréal à Ottawa, c’était le moment des retrouvailles avec d’anciens et de nouveaux collaborateurs. «Ragers c’est ça, une grande famille et on va le montrer ce soir», lance le DJ et chanteur du groupe, Jake Prévost, juste avant le spectacle.

Ils se sont donc alternés avec un rythme fou pendant la prestation, une première pour la plupart. Les rappeurs ZéFIRE, Billy Eff Williams et Hussa Huss (The Posterz), étaient tous sur scène avec eux, de quoi doubler l’énergie du trio mêlant électronique, hip-hop et heavy rock. Toute une façon de clore un été haut en couleur pour le band qui mise justement sur les performances live pour accroître leur réputation.

«Tu ne peux pas nous comprendre réellement avant de nous avoir vu jouer, indique Jake. On mise tout là-dessus, on a de l’énergie et on est trash.» Si le band a été formé à Saint-Hubert, leur premier EP Chapters, sorti en 2014, a pourtant été mixé à Los Angeles. L’endroit les inspire, car ils récidiveront dans les prochaines semaines, pour deux mois cette fois, avec tout le matériel pour produire le plus de chansons possible. Rien n’arrête Ragers donc, sauf peut-être le Rage-Cage, un Pontiac Montana 2001 qui mène le band partout où il le veut bien. «Il a failli tomber cet été au Valhalla, un festival près d’Ottawa, mais on l’a remonté et il est prêt pour un 40 heures», explique Jake Prévost en riant.

Virage hip-hop

Si Chapters misait beaucoup sur le Trap, du hip-hop instrumental avec de la grosse basse, le trio refuse de se faire identifier sous la bannière de l’EDM (Electronic Dance Music). Comme l’explique le batteur du groupe, Jay Prévost, le monde des clubs leur est étranger. «On ne se sent jamais à notre place dans un événement électro, dit-il. On faisait tous du punk avant et on a gardé notre fougue anticonformiste». Les trois membres faisaient en effet partie du groupe Duke Squad, ayant réussi une percée au Québec entre 2007 et 2010.

C’est le hip-hop qui peut alors les définir le mieux. «Nos prochaines sorties vont vraiment marquer un tournant, souligne le guitariste du trio, Phil Marcoux-Gendron. Il va y avoir beaucoup plus de rap et de collaborations, avec ZéFIRE par exemple.» Le voyage à Los Angeles ne fera qu’accentuer la productivité, ces deux mois doivent être payants pour les membres. «On veut vraiment être le plus intense possible en Californie, explique Jay Prévost. On va être des nomades, on veut se laisser influencer par le plus de vibe possible.» Si tel est le cas, le trio devrait revenir à Montréal avec du nouveau matériel pour un an de spectacle. Mais tout peut arriver lors de ce voyage, Jake Prévost le répète à plusieurs reprises, «Sud Sale, on n’en sort pas». Difficile de rester sage alors.

Crédit photo : Bianca Desjardins

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