À la uneUQAMNouvel outil pour l’alphabétisation

Avatar Noémie Laurendeau12 septembre 20154 min

La ressource pédagogique en lecture et écriture Abracadabra, disponible en ligne depuis son lancement ce mardi 8 septembre, est destinée aux élèves de la maternelle ainsi que de la 1ère et 2e année du primaire.

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Les partenaires et les créateurs du projet se sont réunis au Salon orange du Centre Pierre-Péladeau de l’UQAM afin de célébrer l’arrivée de cet outil développé par la faculté des sciences de l’éducation pour contrer l’analphabétisme.

L’objectif de la ressource selon la doyenne de la faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, Monique Brodeur, est «d’aider les premiers apprentissages en lecture de façon préventive avant qu’il y ait des difficultés qui s’installent, alors qu’on sait qu’un Québécois sur deux a de la difficulté à lire». Selon des données de 2013 de l’OCDE, 53 % des Québécois sont des analphabètes fonctionnels.

Il y a déjà 7 ans que le projet d’adaptation en français de la ressource a été amorcé par la faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM. Monique Brodeur explique ce délai par l’ampleur du travail réalisé ainsi que la nécessité de chercher du financement externe, la ressource étant offerte gratuitement.

Le nouvel outil disponible sur le web est issu d’une création originale réalisée par l’Université Concordia et le professeur Philip Abrami. Celui-ci a fait ses preuves dans une dizaine de pays et «il y a eu suffisamment d’études pour que cela donne lieu à une méta-analyse, c’est-à-dire à une analyse d’un ensemble d’études qui démontrent son efficacité», selon Monique Brodeur.

Le directeur par intérim de la Commission scolaire de Montréal, Robert Gendron, signale que des éléments fondamentaux excluaient la possibilité d’une traduction simple du logiciel tels que «l’élément culturel, la façon d’apprendre et le caractère allophone à l’intérieur de l’apprentissage de la langue». Par exemple, les concepteurs ont tenu compte de la distinction entre la syllabe orale et écrite qui n’existe pas dans la langue anglaise.

La ressource, qui se décline en trois zones, compte 15 livres et 14 exercices dans la section élève. «Ça permet aux enfants d’avoir accès à une bibliothèque virtuelle avec laquelle ils peuvent interagir», précise Monique Brodeur.

La Fédération des comités de parents du Québec s’est impliquée «à bâtir le logiciel et ensuite à trouver les parents pour faire les tests», signifie la présidente Corinne Payne. La zone pour parents dirige ceux-ci dans l’encadrement de leurs enfants lorsqu’ils font les exercices de lecture, notamment avec 9 capsules vidéo et 14 capsules audio.

«Pour les enseignants, il y a un guide pédagogique qui leur donne les connaissances scientifiques les plus à jour et des informations sur comment utiliser Abracadabra en classe», explique Monique Brodeur. Cette dernière ainsi que Robert Gendron affirment que les conseillers pédagogiques dans les commissions scolaires vont également pouvoir offrir de la formation et de l’accompagnement aux enseignants. 

Corinne Payne, la présidente des comités de parents ainsi que la doyenne de la faculté de l’éducation ne s’inquiètent pas de l’accessibilité de la ressource en ligne. «L’application fonctionne avec des équipements technologiques qu’on retrouve dans la plupart des maisons, il y a un réel souci de démocratisation», déclare Monique Brodeur. D’ailleurs, les applications technologiques d’Abracadabra en français sont moins poussées que la version anglophone pour s’assurer de cette accessibilité.


Crédit Photo : Alexis Boulianne

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