À la uneOpinion>En coulissesMon ami du conservatoire

Avatar Colin Cote-Paulette10 avril 20152 min

J’ai un ami qui étudie au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. J’ai soupé avec lui la semaine dernière, ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Après avoir mangé, on s’est assis devant mon téléviseur pour siroter nos bières. Un téléjournal défilait à l’écran et on s’est mis à parler de politique. Mon ami m’a expliqué que Bernard Drainville était son candidat préféré dans la course à la chefferie du Parti québécois. Pour lui, l’ancien journaliste est le seul des potentiels chefs qui semble parler franchement, en s’adressant au «vrai monde», sans les prendre pour des cons. «Tu vois, Pierre-Karl Péladeau, il a tellement l’air mal à l’aise quand il parle aux gens. Moi, jamais je ne voudrais de quelqu’un qui manque de confiance à ce point comme premier ministre», m’a-t-il expliqué.

Au cours de la soirée, on a abordé plusieurs autres sujets d’actualité qui avait retenu son attention. Certains l’indignaient, d’autres l’émerveillaient. Il s’exprimait avec émotion et justesse, dans un argumentaire on ne peut plus rationnel. En l’écoutant, j’ai pensé à tous ceux qui condamnaient les sorties publiques et les prises de position d’artistes. Ces êtres souvent dotés d’une grande sensibilité sont pourtant vous et moi.

Nous sommes tous indignés par quelque chose à un moment donné. Il faudrait arrêter de s’insurger lorsqu’un artiste décide de s’impliquer dans la société. On devrait plutôt se réjouir qu’il y ait un tel espace pour eux sur la place publique. C’est signe d’une démocratie en santé, dans laquelle la liberté d’expression existe. Ça démontre aussi que ces artistes ont à cœur le monde (dans tous les sens du terme) qui les entoure. De plus, à quoi sert l’art si ce n’est pour s’indigner et décrier les failles de notre société? La guerre du Vietnam aurait-elle été autant pointée du doigt sans le flower power et la scène hippie? Martin Luther King Jr se serait-il adressé à autant de gens lorsqu’il prononça son célèbre «I have a dream…» sans la musique soul?  Peut-être, mais il reste que les artistes ont la responsabilité de graver la symbolique de ces évènements dans la mémoire collective et d’agir au sein de leur société. Quand il est parti, je me suis dit que mon ami allait faire du théâtre pertinent, qui parlerait au «vrai monde». Je ne vous dirai pas son nom, vous le connaîtrez certainement dans un avenir proche.

Colin Côté-Paulette

Chef de section culture

culturemontrealcampus@gmail.com

colinctpaulette@twitter.com

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