À la uneUQAMUn recteur «pompier pyromane»

Une coalition formée d’étudiants, de professeurs et de chargés de cours a réclamé, le 9 avril, la démission du recteur de l’UQAM Robert Proulx pour sa gestion de la crise étudiante.

La coalition demande que la police ne soit plus appelée à intervenir sur le campus uqamien, que les menaces d’expulsion envers les 10 étudiants soient levées, ainsi que le non-renouvellement de l’injonction en vigueur. Selon le groupe, comptant aussi dans ses rangs l’Association pour une solidarité syndicale (ASSE), le recteur, qualifié de «pompier pyromane», est entièrement responsable des débordements du 8 avril. Le regroupement a fait connaître ses revendications à la suite à l’occupation du pavillon J.-A.-DeSève (DS) et de l’intervention des forces policières qui a mené à l’arrestation de 22 étudiants le 8 avril en après-midi et d’un étudiant en soirée.

Durant la manifestation à l’UQAM, un groupe de professeurs s’est interposé entre les forces policières et les étudiants pour réclamer un dialogue et maintenir le calme. «Sa priorité [au recteur] était les médias plutôt que de régler la crise», s’indigne Marcos Ancelovici. À la suite de cet après-midi mouvementé, des étudiants, des professeurs et des chargés de cours se sont assis avec le recteur, Robert Proulx, pour tenter de trouver une solution.

En conférence de presse, le lendemain, le professeur de sociologie à l’UQAM, Marcos Ancelovici, a dénoncé l’intransigeance du rectorat lors des négociations du 8 avril. Selon lui, les discussions de près de deux heures entre une quinzaine d’intervenants, à la suite des arrestations d’étudiants au pavillon DS, n’ont mené à aucun résultat. Le recteur aurait décliné toutes leurs demandes. La coalition demande que la direction soit plus souple quant aux modalités de reprise des cours lors d’un retour en classe. «L’éducation est le cadet des soucis de messieurs Proulx et [François] Blais», accuse le directeur de programme des études de premier cycle en Études littéraires, Michel Lacroix.

Étudiant à la maîtrise et délégué étudiant au conseil d’administration de l’UQAM, René Delvaux a aussi déploré le manque de transparence du budget de l’université réservé à sa sécurité et dénoncé le contrat de 500 000$ accordé au Groupe Gardium dans un contexte de restriction budgétaire. La coalition accuse également l’UQAM d’avoir versé pour 350 000$ de bonis illégaux à 85 cadres de l’institution. «[L’administration] a coupé tous les canaux de communication», s’inquiète René Delvaux.

En conférence de presse, le ministre de l’Éducation, François Blais a reconnu l’autorité et l’autonomie du recteur. «Laissez aller les choses sans rien faire, c’est ça qui peut mener à l’escalade, a-t-il répondu. […] Robert Proulx est un homme de dialogue.» La majorité des Québécois appuient le rectorat uqamien, selon lui qui ne reconnaît pas le droit étudiant de grève. «La seule chose qui existe c’est le droit de refuser le don qu’est l’éducation», a-t-il conclu.

Si le recteur se défend par son désir de maintenir l’ordre, la coalition croit qu’il s’agit d’une commande politique. «La grève est politique depuis le début, explique l’étudiante en sciences politiques de l’UQAM, Fannie Poirier, c’est le droit de dissidence qui est menacé.» Le Service des communications de l’université n’a pas répondu aux questions du Montréal Campus. Une marche silencieuse a eu lieu ce matin à l’UQAM. Une membre de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM organise un autre événement ce soir devant le pavillon DS pour dénoncer la violence sous toutes ses formes.

Crédit photo: Alexis Boulianne

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