À la uneOpinion>Esprit de clocherUQAML’UQAM, cette université menaçante

Avatar Frederic Comeau16 mars 20152 min

La queue d’étudiants devant les portes du théâtre Le National fait le tour du bâtiment. Des centaines d’étudiants de langue et communication se massent dans ce théâtre du Village pour participer au débat. Si le ton hausse à quelques occasions, les échanges sont cordiaux, structurés et souvent très intéressants. Toute la semaine durant, la scène s’est répétée dans les assemblées générales de grève de toutes les associations étudiantes qui en proposaient une.

Sortie de nulle part, la lettre cosignée de 14 professeurs du Département de science politique, «À l’UQAM, l’intimidation doit cesser», rate complètement la cible. Impossible de se sentir menacé avec les dizaines de gardes de sécurité qui parcourent les pavillons du campus ou les quelques policiers nonchalants qui franchissent la limite de leur zone en entrant à l’UQAM. Quoique? Si le militantisme de certains est extrême, il s’avère souvent nécessaire pour soulever les passions et ouvrir la porte aux discussions.

Sans les «dénonciations d’agressions sexuelles» anonymes, est-ce que l’UQAM aurait discuté de la relation entre les professeurs et les étudiants? Sans l’intervention des Féministes matérialistes durant les initiations de 2013, est-ce que la direction aurait revu la politique 16 contre le harcèlement sexuel? Sans les caméras peinturées et parfois brisées, est-ce que Robert Proulx aurait décidé de se pencher à nouveau sur la politique de surveillance vidéo? Dans tous les cas, c’est dur à dire, mais leur impact a forcé l’UQAM à accélérer le pas et à répondre aux demandes de sa communauté, trop souvent ignorée par le recteur qui se targue d’en être à l’écoute. Même le risque d’implosion des associations des étudiants en droit, en science politique et en science humaine se déroule dans un climat respectueux.

Il ne faut pas oublier que le printemps érable part de l’UQAM qui représente bien plus qu’amalgame de pavillons dispersés entre plusieurs stations de métro. L’UQAM, c’est le porte-étendard des mouvements alternatifs du Québec. Dans l’écosystème politique de la province, c’est la masse critique de décomposeurs qui minéralise les déchets organiques pour en faire de l’humus propice au développement et à la croissance des végétaux. Les seules fois où l’UQAM prend des formes menaçantes, c’est quand les associations du pavillon des sciences de la gestion occupent les trois-quarts du couloir du niveau métro pour vendre des billets de leurs soirées animées, la musique dans le tapis. Ça, et la solidité du clocher troublent davantage le climat de paix à l’UQAM.

Frédéric Comeau

Chef de pupitre UQAM

uqammontrealcampus@gmail.com

Twitter : @ComeauFred

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