ASSEZ, C’EST ASSEZ

Des employés et étudiants de l’UQAM tenaient des lignes de piquetage ce matin devant les entrées des pavillons principaux, forçant l’annulation de plusieurs cours. Les manifestants bruyants exigeaient à coups de trompette et de slogans le renouvellement de leur convention collective, échue depuis 2012. Le Syndicat des employés et employées de l’UQAM (SEUQAM) en a profité pour dénoncer l’attitude de l’Université dans le processus de négociations.

L’employé de l’UQAM et membre du syndicat Denis Desmarais rappelle que les négociations sont bloquées depuis deux ans. « Après deux ans, cela n’avance pas. La partie patronale ne fait pas d’offre sérieuse et ils n’ont jamais les bons mandats à la table pour faire avancer les négociations», dénonce-t-il. Selon l’employé Sylvain Arsenault, leurs demandes sont pourtant légitimes. «Nous n’avons pas eu d’augmentation de salaire. De plus, l’augmentation qu’on demande se situe sous l’augmentation du coût de la vie», résume-t-il. L’équité salariale est également un grand enjeu pour la SEUQAM. «60% des employés de soutien sont des femmes. Les postes plus importants sont encore majoritairement occupés par des hommes», explique l’employé.

Plusieurs étudiants étaient présents afin d’appuyer la cause des employés de soutien. L’étudiante Alexis Tétreault était du nombre. «Ce sont des employés essentiels. Ils nous ont supporté durant la grève de 2012, alors c’est la moindre des choses qu’on leur offre leur soutien pendant cette journée de grève», croit-elle. La membre de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH), Amélie, affirme que selon l’AFESH, cette grève est une façon de protester contre un enjeu plus grand. «Nous sommes pour un mouvement plus général de lutte pour l’amélioration des conditions de travail des employés. L’État est dans une logique d’austérité et décide de couper dans le savoir, dans le matériel, et dans les services aux étudiants», déplore Amélie.

Les cours en suspens

Plusieurs cours ont été annulés à cause de la grève. Selon l’ancien membre de la SEUQAM et nouveau retraité Michel Bolduc, venu soutenir ses anciens collègues, les conséquences pour les étudiants iront bien au-delà de quelques cours annulés. «Les étudiants travaillent fort et méritent des services de qualité», affirme-t-il. Ces coupes affectent grandement le travail des employés de soutien. «Avant, nous étions cinq employés à l’audiovisuel en charge du cinéma. Maintenant, nous ne sommes que deux, mais la charge de travail est la même», note Sylvain Arsenault. Même s’ils sont discrets, ces employés sont essentiels au fonctionnement de l’Université. « Sans les services quotidiens dans les bibliothèques ou dans les laboratoires, rien ne fonctionne», souligne Michel Bolduc. Selon lui, la grève n’est pas une solution idéale, mais devenue nécessaire. «Ça va faire mal à l’image de l’UQAM, mais à un moment donné il faut que ça bouge», affirme l’ancien employé.

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