Le voici arrivé, le moment fatidique où je dois résumer cette dernière année en 2500 caractères. Il s’en est passé des choses depuis septembre pour l’UQAM, pour le Campus et pour moi-même. Après mûre réflexion, je crois que je pourrais faire le bilan cette année et même des trois dernières en chiffres. Par exemple, en nombre de cafés achetés au Salon G. En nombre de beignes vendus au V-1380. En nombre de soirs où j’ai quitté l’Université alors que le soleil avait disparu depuis longtemps. En nombre de caméras de surveillance, d’assemblées générales ou de manifestations. En nombre de textes que j’ai corrigé pour la section UQAM. En nombre de fois que j’ai voulu tout lâcher, puis que j’ai refusé d’abandonner. Dommage que je n’aie pas gardé le compte.

Antidote 10

Les dernières sessions à l’Université du peuple ont été marquées par une série de contestations internes. De la réflexion sur la finalité des cycles supérieurs au combat contre la vidéosurveillance, les étudiants de l’UQAM ont fait comprendre à l’établissement qu’ils ne sont pas une «clientèle» passive. L’Université, de son côté, a continué à évoluer lentement mais sûrement dans ses projets de développement, le poids de sa débâcle financière continuant de la ralentir. L’automne 2014 devrait, si tout se passe bien, voir l’aboutissement de quelques projets très attendus, comme la première phase du Plan directeur immobilier et l’ouverture du CPE Tortue têtue.

À mon entrée au baccalauréat en journalisme, je voyais le Montréal Campus comme un «vaisseau amiral» capable de voguer sur les sept mers, comme l’a déjà décrit un ancien rédacteur en chef. J’étais prête à faire partie de l’équipage coûte que coûte, quitte à mettre mes propres finances et ma santé mentale en péril. Comme prévu, le voyage n’a pas été de tout repos. Comme l’établissement dans lequel il évolue, le Montréal Campus a traversé plusieurs tempêtes. Aujourd’hui, le bateau tangue, mais garde le cap. Avec un peu de chance et de détermination, les prochains matelots qui monteront à bord sauront le maintenir à flot. Malgré le salaire de misère et les heures incalculables qu’implique cet emploi, une poignée d’entre eux croient encore à la mission du journal et sont prêts à relever le défi. Je les en remercie.

Des changements pointent à l’horizon pour le Campus. Comme mes collègues, je quitte l’embarcation confiante, en croyant plus fort que jamais à l’importance d’une publication comme le Montréal Campus dans l’enceinte d’une université. Après tout, à l’UQAM, la lutte fait partie de la vie. Notre illustre journal pourra certainement affronter encore plus d’une vague déferlante.

Le Montréal Campus est mort, vive le Montréal Campus !

 

Camille Carpentier

Chef de pupitre UQAM

uqam.campus@uqam.ca 

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