209, rue Sainte-Catherine Est. Le pavillon V est en décrépitude, à son habitude. Le premier étage est déserté. Les rénovations ont fait fuir les quelques habitués du café. La fin de session est bien monotone par ici. Au bout du corridor, au V-1380, quelques irréductibles Gaulois persistent à vivre dans ce bazar typiquement uqamien.

Dans ce local exigu et bordélique, huit têtes pensantes s’activent à temps plein. Ils y travaillent, ils y rient, ils y pleurent, dorment, sacrent, crient, mangent, dansent. Bref, ils ont fait de ce lieu disgracieux un espace d’exutoire franchement beau. Un endroit où tout se dit. Ce local est à l’image de leur boulot. Bien humblement, à la sueur de leur front, ils tentent d’y faire éclore un journalisme pertinent, vrai… différent.

Au cours des huit derniers mois, j’ai piloté, non sans difficultés, la section Société du mieux que j’ai pu. J’ai été épaulé par une équipe fantastique composée de femmes chacune remarquable à leur façon. Nous sommes là où nous voulions être il y a trois ans. Soyons fiers de notre petite histoire. À tous ceux qui ont noirci ces quelques pages, je vous remercie pour ces innombrables heures passées bénévolement à faire aller votre plume avec votre inébranlable désir d’apprendre. Ça a été un parcours de combattant, le découragement a souvent été au rendez-vous, mais au final, le jeu en a valu la chandelle.

Je quitte toutefois mes fonctions un peu angoissé pour ma Société. Elle paraît distraite. Elle semble croire que les victoires sociales d’autrefois justifient d’être passif à l’avenir. En une seule année, près de quarante sujets ont étéminutieusement disséqués dans cette section, des dizaines d’autres laissés de côté. Croyez-moi, des causes honorables, il en pleut des centaines tous les jours. Dommage que certains ne soient pas prêts à se mouiller pour les défendre. Le Québec, souverain ou pas, est encore une terre d’inégalités pour plusieurs. Il ne faut pas l’oublier.

C’est pour ces sujets délaissés par les grands médias que le journalisme étudiant doit survivre. C’est pour vous, les Uqamiens, que nous tentons de garder la tête hors de l’eau. L’avenir du Montréal Campus est plus que jamais incertain. Vous aurez votre mot à dire. Notre avenir est désormais entre les mains des étudiants que le Campus s’affaire à informer depuis plus de trois décennies. Croyez-moi, la relève est au rendez-vous et ne vous décevra pas. Je suis confiant à l’idée que vous aiderez votre journal à se relever et à marcher droit, enfin.

Le Montréal Campus est mort, vive le Montréal Campus !

Louis-Philippe Bourdeau
Chef de pupitre Société
societe.campus@uqam.ca

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