La semaine dernière, l’attention médiatique était à son comble pour l’Association étudiante du module de science politique (AEMSP). La démission d’un des membres de son exécutif a mis en lumière un prêt de 3000$ accordé à deux jeunes Québécoises détenues au Mexique et faisant face à des accusations de délinquance organisée, de dommages à la propriété et de terrorisme. La controverse entourant cette décision ne relève pas tant de la nature de ce prêt, qui s’inscrit sans doute dans les positions historiques de plus d’une association étudiante à l’UQAM, mais bien du processus décisionnel par lequel il a été accordé. La décision n’a été prise que par cinq des sept représentants du comité exécutif, sans consultation des membres en assemblée générale. Face aux questions des journalistes du Montréal Campus et d’autres médias, l’exécutif a fait preuve d’un formidable mutisme, refusant catégoriquement d’accorder la moindre entrevue. Par ce silence et son refus de justifier ouvertement sa décision, l’association a pris une position claire dans ce débat.

Antidote 10

Le Campus à l’habitude de se buter parfois aux portes closes de certaines associations ou groupes à l’UQAM. Il n’existe bien sûr aucune règle ou loi obligeant qui que ce soit à accorder une entrevue à un journaliste. Cependant, certaines situations imposent d’elles-mêmes une prise de position publique, alors préférable au silence. L’attitude cavalière de l’AEMSP dans cette affaire est préoccupante sur plusieurs plans. Il y a d’abord cette décision, prise par un nombre si restreint de membres qu’ils pourraient tous rentrer dans une Smart, si on les entassait comme il faut. Une décision qui implique une somme d’argent importante pour une telle association financée majoritairement, si ce n’est pas entièrement par ses membres, ainsi qu’une forte position politique.

Il y a ensuite cette fermeture face aux journalistes, puis le sarcasme et la condescendance de certains sur les réseaux sociaux concernant les médias. Un membre du comité exécutif, dans une lettre communiquée aux membres de l’AEMSP sur Facebook, parle même du «travail de MERDE qui a été effectué par les médias, autant étudiants que nationaux». Majuscules incluses dans le texte original. L’exécutant se disait outré de constater les erreurs faites par les journalistes dans l’exercice de leur travail. Il est vrai que des erreurs peuvent survenir. Pourtant, le Montréal Campus n’a reçu aucune demande de modification sur notre article publié la semaine dernière (voir le texte ici), dans quel cas les vérifications et rectifications auraient été faites sans délai. J’ai également de la difficulté à concevoir comment on peut qualifier de «merde» l’information véhiculée par les journalistes, alors que l’exécutif a lui-même refusé à de nombreuses reprises de partager sa version des faits.

La démocratie bat-elle de l’aile au sein des associations étudiantes à l’UQAM ? Le désintéressement des étudiants envers leurs associations est certes un phénomène auquel nous ne sommes pas étrangers. Mais l’impopularité des assemblées générales pourra-t-elle justifier des prises de décisions plus nombreuses par les comités exécutifs ? On jase, là.

Camille Carpentier

Chef de pupitre UQAM

uqam.campus@uqam.ca

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