BaromètreCultureNouvelle avenue pour les musiciens

Avatar Olivier Lefebvre30 septembre 20132 min

Une discussion concernant la production de musique pour jeux vidéo a réuni quatre panélistes dimanche aux Quartiers Pop Montréal. Simon Landry, superviseur musical chez Ubisoft Montréal, Alaska B, batteuse du groupe Yamantaka // Sonic Titan, Alice Bernier, directrice audio chez Warner Bros Games Montréal et Jonathan Mak, concepteur du jeu Soundshapes prenaient part à la rencontre. La conférence avait pour but de démystifier les méthodes d’intégration musicale dans les jeux vidéo en abordant les aspects techniques de ceux-ci. L’audience comptait une majorité de jeunes producteurs ravis.

La musique occupe un rôle bien précis dans les jeux vidéo. Simon Landry rappelle qu’il est «important de faire la différence entre un film écrit et un monde ouvert». Dans le premier cas, le joueur est confronté à une ligne narrative qu’il est obligé de suivre. Ainsi, l’artiste jouit d’une plus grande liberté créatrice puisque son chemin est déjà tracé. Tandis que dans un monde ouvert, le joueur peut décider de ses actions. Alors, les concepteurs préconisent une musique programmée en boucle.

La création musicale s’exécute en majorité par la méthode d’échantillonnage. Simon Landry rappelle l’importance de faire appel à de réels orchestres. «Ça permet d’aller chercher un son plus riche, plus vrai», dit-il en prenant pour exemple la bande sonore du film The Dark Knight. Les sons et la musique sont disposés sur des couches différentes qui répondent ensuite aux actions du joueur. Il s’agit de la dernière étape de la construction d’un jeu puisqu’il est toujours assujetti à des changements durant sa conception.

Les jeux électroniques se rapprochent de plus en plus d’un univers cinématographique, ce qui a pour effet d’accentuer l’importance d’une trame sonore de qualité. Alaska B affirme que la production musicale pour jeux vidéos est une alternative pour éviter de tomber dans le piège de créer des chansons populaires sans contenu pour la radio commerciale. «Les joueurs se souviennent plus longtemps de nos œuvres puisqu’elles font partie intégrante de l’expérience, de l’histoire», ajoute-t-elle. Un point de vue que partage Alice Bernier, qui ajoute que certaines bandes sonores de jeux vidéo se vendent en maintenant en magasin. Pas de surprise pour Simon Landry puisque les pièces originales entendues dans les jeux Watchdogs et Assassins Creed (Black Flag) sont déjà disponibles pour l’achat en format vinyle.

Jonathan Mak considère le jeu vidéo comme un médium pour partager sa musique. Dans Soundshapes, la musique fait partie intégrante du jeu. Le joueur déambule à travers des plateformes. Si par malheur il se heurte contre un objet indésirable, la chanson fausse. «Mémoriser des commandes sur une manette, c’est un peu comme jouer de la musique», s’exclame-t-il en précisant qu’il n’y a de grandes ressemblances entre ces deux mondes.

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