À la uneBaromètreLes films pornos sont aussi récompensés

Emile Mercille Brunelle27 septembre 20132 min

Joseph Gordon Levitt est définitivement l’un des acteurs les plus charismatique et talentueux de sa génération. Qu’il incarne un voyou détestable (Killshot), un jeune homme qui se cherche (500 jours avec Summer), ou encore un agent secret (Inception), le comédien offre des performances distinguées et mémorables. Après avoir travaillé sous la direction de Christopher Nolan (Batman), Rian Johnson (Looper) et autres Steven Spielberg (Lincoln), le prolifique jeune homme incarne le fougueux Don Jon, dans un long métrage qu’il a lui-même écrit et réalisé.

Don Jon est un jeune barman et étudiant qui semble satisfait de sa routine hebdomadaire: il s’entraîne, va à la messe les dimanches, passe du temps avec sa famille, puis, le soir venu, part à la conquête de belles femmes dans un bar branché. Ses amis l’appellent Don, parce qu’il réussit à coucher avec une jolie fille à chaque semaine. Seulement, Jon a un secret : il consomme énormément de pornos. Tellement que coucher avec une fille ne lui offre plus la satisfaction qu’il puise en navigant sur Internet. Sa rencontre avec la belle Barbara (Scarlett Johansson), grande adepte de films hollywoodiens et de romances à l’eau de rose, est peut-être l’opportunité pour Jon de régler cette impasse inquiétante.

C’est avec une audace rafraichissante que le jeune cinéaste aborde certains graves problèmes sociaux qui touchent sa génération. Il se questionne sur les effets que peut avoir la pornographie sur la conception du sexe, et les influences que peut avoir la publicité et les films hollywoodiens sur la perception de l’amour. Pour ce faire, il puise dans le registre de l’humour vulgaire et auto dérisoire, en abordant ces thématiques avec beaucoup plus d’optimisme que le film Shame (Steve McQueen), et avec nettement moins de pathétisme que le film Pain and gain (Michael Bay).

Certains personnages sont très colorés et divertissants, alors que d’autres incarnent des archétypes agaçants, comme la petite sœur du protagoniste qui ne cesse de regarder son téléphone durant les soupers familiaux. Sans surprise, la brillante Julianne Moore s’empare de l’écran dès la seconde où elle y met les pieds, alors que Joseph Gordon Levitt reste fidèle à son habitude en livrant une performance inspirée et convaincante. Le jeune artiste propose donc une comédie très simple et cohérente, sans temps morts, faible sur le plan des ambitions, mais qui s’assume complètement. Un premier pas dans la bonne direction à titre de scénariste et de réalisateur de longs métrages.

Don Jon, États-Unis, 90 minutes, à l’affiche dès le 27 septembre.

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