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Avatar Emile Mercille Brunelle9 septembre 20132 min

C’est avec une grande finesse d’écriture dont lui seul détient le secret que Woody Allen nous présente son nouvel opus, Jasmine French. Cette étude de mœurs met en scène une nouvelle gamme de personnages authentiques et colorés, d’une caissière dans un super marché à un aspirant politicien, en passant par cette instable et fascinante Jasmine, interprétée par une Cate Blanchett au sommet de son art.

Après le charmant mais inoffensif To Rome With Love, le légendaire cinéaste récidive avec une œuvre digne de ses premiers succès, caractérisée par la présence de personnages émotionnellement riches et de dialogues humoristiquement intelligents. Les amateurs du genre ne seront assurément pas déçus, même si le film semble plus dramatique que ses prédécesseurs, alors que le personnage principal traverse une très grave période de crise. Néanmoins, le subtil humour noir qui parsème le récit fait mouche à tous les coups, en particulier lorsqu’il est question de la brillante Sally Hawkins (Submarine), et du désinvolte Bobby Carnnavale, que l’on a pu voir récemment dans l’excellent Win Win aux côtés de Paul Giammati.

Suite aux accusations de fraude qui pesaient sur son mari et à la saisie complète de sa fortune, l’excentrique Jasmine (Cage Blanchett) n’a d’autres choix que de partir à San Francisco pour vivre chez sa sœur adoptive Ginger (Sally Hawkins). Arrivée sur place, elle devra rivaliser avec le petit ami de cette dernière, Chili (Bobby Cannavale), qui désire emménager avec sa copine. Après une première expérience de travail qui a mal tourné, Jasmine voit une opportunité de regagner ce qu’elle a perdu alors qu’elle rencontre un aspirant politicien (Peter Sarsgaard) qui tombe sous son charme.

Malgré les similitudes avec son Annie Hall ou Manhattan, un changement de ton est évident alors qu’il est difficile de s’attacher à cette femme extrêmement superficielle et ingrate, qui désire par-dessus tout retrouver une existence amorphe et dénuée de toute responsabilité professionnelle.

Tout semble simple dans un Woody Allen; la mise en scène est caractérisée par sa sobriété et les dialogues se suivent avec fluidité tout en étant servis par des acteurs apparemment très à l’aise. Si tout parait si facile à faire, c’est parce que Woody Allen a encore réussi son coup.

Jasmine French, Woody Allen, États-Unis, 1h38 minutes, en salle depuis le 30 août 2013.

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