BaromètreDead man down : paresse intellectuelle

Avatar Emile Mercille Brunelle11 mars 20132 min

Depuis plusieurs années, Hollywood manifeste une tendance à aller chercher des réalisateurs étrangers prolifiques pour les faire tourner des films en sol américain. Ces incursions peuvent provoquer d’admirables impositions de style de la part des cinéastes malgré l’inévitable volonté des maisons de production hollywoodiennes de plaire au plus grand nombre. On n’a qu’à penser au cinéaste danois émergent Nicolas Winding Refn et à son récent film Drive qui, tout en produisant de belles recettes au box-office, a réussi à se démarquer des aux autres productions par un style cinématographique unique et travaillé. Toutefois, d’autres réalisateurs prometteurs se soumettent totalement aux contraintes des producteurs en acceptant de sacrifier leur potentiel créatif. C’est le cas du réalisateur suédois Niels Arden Oplev qui fait ses premiers pas à Hollywood avec Dead man down. Contrairement à son précédent film, Millenium, nous sommes cette fois-ci desservis par un suspense hésitant et parfois très cliché. Paresse intellectuelle ? Sacrifice volontaire de l’esprit créatif ?

Antidote 10

Un tueur à gages solitaire (Colin Farrell) infiltre un clan de criminels dans le but de se venger du dirigeant (Terrence Howard), responsable de la mort de sa famille. Sa rencontre avec une voisine d’appartement (Noomi Rapace) mettra en péril ses opérations.

Une histoire de vengeance parmi tant d’autres. Le problème n’est cependant pas dans le choix de la thématique, mais plutôt dans le traitement très cliché que le réalisateur a décidé de préconiser. Il est possible que les producteurs lui aient demandé de modérer la dureté de sa mise en scène. Mais cette consigne devait-elle obligatoirement impliquer un traitement superficiel dénué de toute personnalité ?

Malgré l’effort visible de la talentueuse Noomi Rapace, la chimie n’est pas convaincante entre les deux protagonistes. D’autant plus que Colin Farrell ne réussit pas à transmettre à son auditoire la justesse émotionnelle de la rage et de la tristesse qui est censée l’envahir. Cet acteur a pourtant déjà joué sous la direction du vénérable Terrence Malick (Un nouveau monde) et du légendaire Steven Spielberg (Rapports minoritaires). Il était aussi très mémorable aux côtés d’Edward Norton dans le drame En toute loyauté de Gavin O’Connor.  Ces réalisateurs ont décidément su faire ressortir le potentiel de l’acteur. Niels Arden Oplev ne voyait probablement pas la nécessité d’inciter son acteur à se surpasser…

 

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