BaromètreUne valeur sure

Avatar Emile Mercille Brunelle11 février 20132 min

En règle générale, un bon film de suspense doit comporter plusieurs rebondissements et, idéalement, un bon punch dans son dénouement. Cette recette cinématographique est un synonyme de succès, la preuve étant que plusieurs réalisateurs vont jusqu’à sacrifier la crédibilité de leur intrigue pour surprendre leur auditoire. S’il est de plus en plus difficile d’innover tout en restant fidèle à la vraisemblance d’une histoire, Effets secondaires, le nouveau film réalisé par Steven Soderbergh (Traffic, Ocean’s eleven), est la preuve que c’est toujours possible. Les multiples situations imprévisibles combleront assurément les téléspectateurs avides de divertissement et de bons punchs. Fidèle à son habitude, Steven Soderbergh surprend intelligemment.

La filmographie de ce prolifique réalisateur est caractérisée principalement par sa diversité. Tout comme Stanley Kubrick en son temps, Steven Soderbergh a la particularité de s’aventurer dans plusieurs styles cinématographiques différents tout en tentant constamment d’y introduire de la nouveauté. Contrairement à Kubrick et à l’invariable précision de sa mise en scène, il est difficile de discerner des éléments récurrents qui caractériseraient un modus operandi chez Soderbergh. Il n’en demeure pas moins que tous ses films sont parsemés de dialogues intelligents. Effets secondaires suit cette admirable tendance : une écoute attentive est nécessaire pour comprendre tous les ressorts de l’intrigue parfois difficile à suivre. Cette fois, le cinéaste dépeint les côtés sombres de la psychiatrie et les dangereux risques des déviances psychologiques pouvant émaner d’une dépression et d’une consommation abusive de médicaments. La sortie de prison du copain d’une jeune fille très fragile émotionnellement (Rooney Mara) déclenchera une série d’évènements dramatiques alors qu’elle consomme un médicament prescrit par un psychiatre (Jude Law) pour soigner une grave dépression.

Dans ce cas-ci, la réalisation très verbeuse se met totalement au service de la distribution dominée par Jude Law (L’ennemi aux portes) et Rooney Mara (Réseau social). Le film marque effectivement un retour en force de Jude Law dans un rôle principal digne de son talent. Ce dernier incarne un psychiatre qui n’est pas sans rappeler le jeune politicien interprété par Ryan Gosling dans Les marches du pouvoir de George Clooney, tous deux victimes de leur propre innocence et prêts à transgresser les règles pour obtenir une vengeance.

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