UQAMPédaler sous la pluie pour la cause

Avatar Simon Dansereau3 avril 20123 min

Dimanche après-midi, des centaines de cyclistes ont bravé la pluie et le froid pour prendre part au Tour de l’île en rouge dans les rues de Montréal en soutien à la lutte étudiante. Le parcours de 25 km a commencé au parc La Fontaine et s’est poursuivi dans plusieurs quartiers pour se terminer sur l’avenue McGill College, devant les bureaux du premier ministre Jean Charest.

Le Service de police de la Ville de Montréal a assuré la sécurité le long du parcours, qui s’est déroulé sans incident. La patience des automobilistes a toutefois été mise à rude épreuve à certains moments, alors qu’ils sont restés bloqués à cause du passage des vélos.
L’organisateur de l’événement, l’uqamien Sandrick Mathurin, s’est dit «très satisfait du déroulement de l’événement, en dépit de la température». À sa grande surprise, entre 2 000 et 4 000 personnes, selon lui, ont répondu à l’appel. Une preuve, dit-il, que le mouvement étudiant ne s’essouffle pas. Cyclistes, planchistes et patineurs se côtoyaient sous l’encouragement senti des citoyens qui les regardaient passer devant chez eux. Lancée il y a environ deux semaines, l’idée de pédaler en rouge s’est rapidement répandue, grâce au réseau social Facebook, qui a agi comme principale plateforme de diffusion.

Charles Guilbert, professeur de français au Cégep du Vieux Montréal, est heureux d’avoir participé à l’événement. «Ça a été joyeux, festif et sportif», s’exclame-t-il. Il tenait, en tant qu’enseignant, à être présent car il se dit solidaire aux revendications étudiantes. «J’appuie leur vision sociale. Pour moi, le gel des frais de scolarité réclamé par les étudiants ne concerne pas seulement la génération actuelle. Je le fais aussi pour ceux qui viendront après», affirme-t-il. Il a également apprécié l’originalité de l’événement. «Ce que j’aime, c’est que les étudiants utilisent des moyens variés pour se regrouper de façon créative, vivante. L’esprit de groupe est toujours réinventé. La société devrait être créative comme ça», souligne-t-il.

Pour Sandrick Mathurin, qui étudie en médias interactifs, l’éducation touche toutes les classes de la société. «Je trouvais que le centre-ville avait été saturé par les manifestants, alors que le débat sur l’éducation se trouve aussi dans les quartiers», dit-il.

Un tour de vélo pour cette cause permet bien, selon lui, d’interpeller tous ces gens. «Il faut rallier la population des différentes classes sociales, répandre la nouvelle», souligne-t-il. Il affirme d’ailleurs que le tour d’hier y est bien parvenu en passant autant par un quartier défavorisé comme Parc-Extension, que par un autre de la classe moyenne tel que Rosemont et par d’autres plus riches à l’instar de Ville Mont-Royal et de Hampstead. Cette vision rejoint Charles Guilbert, qui a, lui aussi, constaté un bon soutien de la part de la population. «J’ai vraiment aimé l’appui populaire, visible partout: des riches, des pauvres, des gens dans leur auto, sur leur balcon. Traverser les quartiers, aller chez les gens, c’est ça qui était le plus le fun», soutient-il.

L’organisateur du tour de vélo songe même à en organiser une seconde édition d’ici la fin de la grève, s’il n’y a toujours pas d’ouverture du gouvernement à négocier avec les étudiants. «Il faut encourager les gens à se mobiliser par des initiatives personnelles et des moyens créatifs d’occuper la rue. C’est ça qui fera avancer notre cause et ça donnera une autre voix au mouvement étudiant», conclut-il.

Photo: courtoisie de Francis Côté

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