BaromètreCultureChercher un sens

Avatar Thomas Dupont-Buist9 mars 20122 min

 

En revenant de la salle de spectacle d’avant-garde qu’est La Chapelle, j’essaie de m’imaginer à quoi ressembleront la danse et le théâtre de demain. On ne va pas à La Chapelle en toute tranquillité d’esprit, assuré de voir une pièce divertissante. Fréquenter les scènes contemporaines équivaut à prendre un risque à chaque fois. Le risque d’être bousculé, chamboulé et émerveillé, mais aussi celui de ne trouver aucune signification dans ces nouveaux modes de création. Comme à la roulette russe, on ne sait jamais sur laquelle de ces options on va tomber. Ce soir, en marchant dans le parc Lafontaine avec mon coloc, tous les deux peinons à classer l’expérience que vient de nous faire vivre Love|Death|Devil-The Piece, création de la compagnie allemande de Ben J. Riepe (ayant dansé dans la troupe de la célèbre danseuse allemande Pina Bausch).

Véritable défi pour le critique, cette pièce alliant danse, performance et théâtre (dans l’ordre) est difficilement descriptible ou explicable. Des cinq performances qui la constituaient au départ, on a tiré une pièce pour six danseurs. Trois femmes et trois hommes. Ou devrais-je peut-être dire six animaux, considérant les masques de singes et de lapins qu’ils portent assez fréquemment. Ici, très peu d’éléments pour orienter le spectateur puisque la scène est complètement vide, hormis une table, quelques chaises et… un chevreuil! Seul décor significatif, celui-ci est si peu utilisé qu’on en oublie jusqu’à sa présence. N’oublions pas deux micros et deux machines à fumée qui complètent l’attirail de Love|Death|Devil-The Piece.

Dans ces cinq tableaux qu’il est presque impossible de distinguer l’un de l’autre, les danseurs s’échinent à nous montrer un cauchemar façon danse contemporaine. Les thèmes de la bestialité, des pulsions, de la sexualité débridée et de la mort reviennent sans surprendre le spectateur habitué à ce genre de scènes, vues à outrance. Oui, c’est désagréable. Ça crie, ça bave, ça veut vomir et souffrir. Pensez à Dave St-Pierre sans le peu de dialogues qui accompagnent ses pièces. Les danseurs-acteurs ne sont en aucun cas mauvais, simplement, ce dans quoi ils jouent peine à trouver un sens ou à susciter autre chose que de l’agacement. J’adore la transgression et la provocation, mais elle doit s’accompagner d’une certaine réflexion.

Love|Death|Devil-The Piece de la compagnie de Ben J. Riepe du 6 au 10 mars 2012 au théâtre La Chapelle. M.E.S. de Ben J. Riepe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo: Ursula Kaufmann

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