UQAMFuturs juristes et politicologues de l’UQAM en grève

Frederic Lacroix-Couture13 février 20123 min

Les membres de l’Association facultaire étudiante de science politique et de droit (AFESPED) ont voté à grande majorité, cet après-midi en assemblée générale, pour le déclenchement de la grève générale illimitée, qui commencera dès demain. Elle devient ainsi l’une des premières facultés de l’UQAM à embarquer dans le mouvement de grève.

Après des débats exhaustifs sur deux propositions qui modifiaient la procédure de vote à main levée par un référendum ou un vote secret, 507 étudiants se sont prononcés en faveur de cette action qui serait vue comme le moyen ultime pour faire reculer le gouvernement Charest. Quelque 155 personnes ont voté contre la grève, alors que 14 membres se sont abstenus.

La plénière qui a précédé le vote a été majoritairement composée d’interventions en faveur de la grève générale illimitée. Les intervenants au micro ont, entre autres, argué que la hausse représente une grave injustice qui s’apparente à celle vécue au Royaume-Uni et que la lutte québécoise aurait une portée globale. «Nous pouvons être très satisfaits de cette assemblée, commente le coordonnateur général de l’AFESPED, Samuel Ragot. Il y a eu des débats de fond intéressants, à la fois pour et à la fois contre. Les gens ont pu s’exprimer de façon assez large. On a posé les bases pour que ça se passe bien au sein de l’association et de l’UQAM notamment.»

Très peu d’étudiants ont toutefois pris la parole pour exposer leur désaccord envers la grève. Devant cette situation, un membre de l’association a invité les personnes avec une opinion divergente à venir s’exprimer devant l’assemblée. Un des intervenants en défaveur de la grève a ainsi plaidé que la fréquentation de l’université était une volonté individuelle avant d’être un droit. Selon lui, l’augmentation des frais est peu dramatique si elle est prise en compte de façon mensuelle et a interpellé les étudiants à travailler davantage pour payer leurs études.

14 février: jour GGI
Le Département de science politique et droit sera alors en grève dès demain, jour de Saint-Valentin et de rentrée parlementaire à Québec. L’AFESPED s’engage, à plus long terme, à constituer une assemblée populaire de grévistes afin de mieux coordonner la grève au quotidien. Elle servira aussi de lieu de diffusion et de présentation de projets.

Sur le plan financier, l’AFESPED s’est doté d’un budget de grève totalisant 34 000 $, réparti sur plusieurs niveaux. Cet argent provient du fond des surplus budgétaires de l’association étudiante et servira, entre autres, à la location de salles pour les assemblées générales, la préparation de tournées de mobilisation, la location d’autobus et l’achat de matériel pour les manifestations.

L’association uqamienne adoptera durant la grève des pratiques syndicales «combatives, féministes et démocratiques». L’AFESPED organise demain, à 14h30, une manifestation de déclenchement au parc Émilie-Gamelin. Elle prévoit aussi sa participation à une action de blocage au Square-Victoria le 16 février en début de journée. «Une grève, c’est du syndicalisme de combat. Négocier avec le gouvernement serait de la concertation», explique Samuel Ragot. Il ajoute que même si l’exécutif de l’AFESPED sera présent pour soutenir ses membres, ceux-ci doivent aussi se «prendre en main» et participer aux activités des grévistes.

Crédit photos: Frédéric Lacroix-Couture

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