UQAML’UQAM menacée d’une poursuite judiciaire

Avatar Frederic Lacroix-Couture26 janvier 20123 min

L’UQAM se retrouve dans l’embarras. La direction a reçu en début de semaine une mise en demeure de trois association étudiantes membres de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) à la suite de son refus d’accueillir le camp de formation de la CLASSE qu’elle qualifie à tendance «politique».

L’Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED), celle des étudiants en sciences humaines (AFESH) et celle des étudiants en arts (AFEA) collaborant à la tenue de cet évènement qui vise à préparer l’éventuelle grève générale illimitée. Le camp de formation de la CLASSE prévoit une panoplie d’activités académiques, dont une série de conférences et d’ateliers de formation pendant la fin de semaine à venir.

Les trois associations voient dans le refus de l’UQAM un affront à leurs droits. Elles évoquent dans leur mise en demeure une discrimination sur des bases politiques et affirment que leur liberté académique est brimée. «C’est complètement arbitraire et illégal d’interdire des évènements pour leurs opinions politiques. Ça va à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés», dénonce la secrétaire aux affaires uqamiennes de l’AFESH, Vanessa Clavelle.

Ses collègues et elle ont rempli les procédures habituelles pour la réservation de locaux, auprès des Services à la vie étudiante de l’UQAM. La directrice du service, Manon Vaillancourt, aurait toutefois refusé de traiter leur demande parce que l’évènement aborde la grève et la lutte contre la hausse des frais de scolarité. Elle aurait affirmé que cette décision émanait de la haute direction. «C’est la première fois qu’une telle situation arrive. Jamais cela ne s’est produit auparavant», révèle Vanessa Clavelle.

Les hautes instances uqamiennes auraient par la suite invoqué des raisons de sécurité, soutenant qu’elle ne disposait pas assez d’agents de sécurité pour la tenue du camp de formation. «La direction savait pourtant très bien que nous voulions engager des agents de sécurité et même fournir la liste des personnes présentes si nécessaire», soutient la secrétaire aux affaires uqamiennes de l’AFESH.

À la base, le camp de formation devait avoir lieu à l’Université de Sherbrooke. La direction de l’établissement aurait, elle aussi, invoqué des motifs de sécurité pour empêcher la tenue de l’évènement à l’intérieur de ses locaux, ce qui a poussé les organisateurs à se tourner vers l’UQAM.

Silence au sein des autorités
Du son côté, l’UQAM ne veut pas commenter l’actuelle tourmente. «Nous ne pouvons faire de commentaires pour le moment puisque des menaces de poursuites judiciaires planent, mais nous nions ces allégations non-fondées», a déclaré la conseillère en relations de presse, Jennifer Desrochers.

Pendant ce temps, l’AFESPED, l’AFESH et l’AFEA s’organisent en vue d’une bataille juridique. «On se donne deux semaines avant d’aller en cour pour travailler avec nos avocats sur les aspects juridiques, explique Vanessa Clavelle. Nous aimerions obtenir une injonction afin de disposer du droit à la liberté académique, et donc d’avoir la possibilité de tenir des conférences et des réunions dans l’avenir.»

Des appuis s’ajoutent à la démarche étudiante. Les trois associations étudiantes ont reçu aujourd’hui un appui du Syndicat des professeurs et professeures de l’UQAM, qui a voté une motion unanime dénonçant la décision de la direction. Le Syndicat des employés de l’UQAM, a quant à lui appuyé la procédure, mais n’a pris aucune décision quant à son implication.

Le camp de formation de la CLASSE aura quand même lieu les 28 et 29 janvier prochain. Aux dernières nouvelles, le camp se tiendrait simultanément sur les campus de l’Université McGill et du Cégep André-Laurendeau. Un spectacle du groupe Mise en demeure est aussi prévu ce samedi, à 21h, au bar l’Abreuvoir, dans le Quartier Latin.

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