UQAML’UQAM rejette le moratoire recommandé par le CIRANO

Julien Lamoureux22 décembre 20112 min

L’UQAM a réfuté les conclusions du plus récent rapport du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) publié en novembre dernier. Le conseiller au vice-recteur à la vie académique et professeur à la faculté d’éducation Marc Turgeon déclare que les conclusions du rapport sont trop étroites.

Selon le CIRANO, un moratoire sur l’établissement de succursales hors campus des universités québécoises devrait être imposé. Les auteurs du rapport expliquent aussi que l’UQAM et l’Université de Montréal auraient une approche défensive puisqu’elles veulent empêcher l’arrivée d’universités concurrentes dans leur région.

L’UQAM possède des campus à Laval, Longueuil, Terrebonne et, depuis 1999, dans l’Ouest-de-l’Île. Les programmes offerts sont habituellement dans les domaines de l’éducation et de la gestion, secteurs professionnels où les travailleurs sont souvent intéressés à acquérir des compétences supplémentaires lors de cours du soir. Une diversification de l’offre est en train de s’opérer, puisque les cours de jour visant une clientèle plus jeune sont de plus en plus mis en place.

Selon Marc Turgeon, l’accusation portée par le CIRANO est totalement fausse. En effet, l’UQAM offre des cours à l’extérieur de son campus principal depuis plus de 25 ans afin de répondre aux besoins des étudiants de la banlieue. Pour lui, le rapport en question néglige les changements qu’a subis la couronne montréalaise au cours des dernières décennies. «Elle s’est beaucoup développée depuis 20 ans», analyse le professeur. Les banlieues ne sont plus des «ville-dortoirs ». Elles ont leur propre économie, leurs emplois et leurs besoins. Dorénavant, certains étudiants de la banlieue désirent étudier plus près de chez eux. «C’est une question d’accessibilité aux études», dit Marc Turgeon.

Il arrive aussi que les Universités établissent des partenariats avec des collèges en région afin d’améliorer leurs projets de recherche et de créer des arrimages DEC-BAC. Marc Turgeon explique qu’en attendant des demandes collégiales intéressantes, l’UQAM va développer ses quatre centres actuels.

La CRÉPUQ mise de côté
Le rapport critique aussi la Conférence des recteurs et des principaux du Québec (CRÉPUQ) et recommande qu’elle soit exclue du dossier des succursales hors campus au profit d’une nouvelle association qui en serait le chef d’orchestre. Il estime que cette association a des visées corporatives inadéquates qui pourraient biaiser ses décisions. Marc Turgeon estime que cette proposition est presque cavalière de la part du CIRANO et qu’elle ne règlerait rien. «Malgré ses travers, la CRÉPUQ reste la gestionnaire de ce dossier et l’interlocutrice légitime avec le ministère.»

Marc Turgeon admet que d’un point de vue quantitatif, le document du CIRANO apporte tout de même des données intéressantes, notamment au sujet du nombre d’étudiants qui étudient sur des campus délocalisés. «Ils font une œuvre utile dans la mesure où ils documentent [la situation]», estime-t-il.

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