Combattre la rue par la rue

Trois étudiants de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM dorment actuellement sur la rue Saint-Catherine, devant l’entrée du pavillon de l’ESG, dans le cadre de la campagne Cinq jours pour lutter contre l’itinérance, du 13 au 18 mars.
 
 

 
 

Photo: Émilie Clavel

 

Pour sa première participation à la campagne, l’ESG désire recueillir plus de 10 000 $. Ensemble, les facultés d’administration des quatre universités montréalaises participantes (HEC, Concordia, Mc Gill et l’UQAM) espèrent amasser 50 000 $. L’année dernière, elles avaient recueilli près de 38 000 $ pour sensibiliser les étudiants à la dure réalité des sans-abris, tout en leur venant en aide.


Tommy Choinière, Andrew Lockhead et Marie-Christine Bruneau gardent depuis dimanche les mêmes vêtements, sans prendre de douche, mais en continuant d’aller à leur cours. Interdiction aussi d’utiliser leurs cellulaires. Munis seulement d’un oreiller et d’un sac de couchage, les trois uqamiens misent jusqu’à vendredi sur la générosité des passants pour manger. Seuls les dons en nourriture sont acceptés, alors que chaque dollar recueilli ira à l’organisme montréalais Dans la rue. «Aujourd’hui, on a terminé le Pad Thaï de quelqu’un. C’est assez spécial comme expérience!» lance en riant Laura Chau, une étudiante qui s’est ajoutée au trio pour 24h et qui se décrit comme une fille habituée au luxe.

«C’est comme si on faisait du camping urbain en plein hiver», décrit une des participants permanents, Andrew Lockhead. Différent, mais surtout difficile. Ils ne dorment que quelques heures en raison des bruits ambiants de la ville. «Le froid est très difficile à supporter. On a dû se coller», avoue le coordonnateur du projet pour l’ESG, Tommy Choinière. Leur seul privilège par rapport aux véritables itinérants est l’autorisation d’utiliser les toilettes de l’UQAM.

Mais tous ne trouvent pas cette initiative étudiante à la hauteur de son mandat. Certains sans-abris les ont accusé de ne pas vraiment connaître la réalité de l’itinérance. «Après avoir discuté avec les trois étudiants, ils les ont généralement remerciés de leur implication», a toutefois assuré Laura Chau.

La campagne Cinq jours pour l’itinérance a été fondée en 1995 par des étudiants de l’University of Alberta’s school of business. Le projet s’est ensuite étendu à l’ensemble du pays. Cette année, les facultés d’administration de vingt-cinq universités participent à la campagne et espèrent récolter plus de 200 000 $ pour donner un coup de pouces à divers organismes combattant l’itinérance. Jusqu’à maintenant 80 000$ ont été récoltés au pays. L’UQAM a pour sa part récolté près de 1000 $ depuis le 13 mars dernier. 

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