Non classéLes étudiants pleurent l’accessibilité aux études

Avatar Ewan Sauves18 mars 20113 min
La crainte des étudiants universitaires du Québec s’est matérialisée le jeudi 17 mars: le budget provincial déposé par le ministre des Finances, Raymond Bachand, confirme la hausse des frais de scolarité après 2012. 
 
Photo: Williams Fonseca-Baeta
 
Dès l’automne 2012, les étudiants universitaires devront payer 325 $ de plus par année sur leur facture étudiante, une augmentation étalée sur une période de cinq ans. Une année à l’université coûtera 3 793$ en 2016-2017, comparativement à 2 168$ aujourd’hui. «Nous ne sommes pas du tout surpris et c’est exactement le genre d’attaque qu’on prévoyait, fustige le secrétaire aux communications de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), Gabriel Nadeau-Dubois. Jamais un budget ne sera aussi destructeur pour l’accessibilité aux études.»
 
La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) réclamait 500$ de plus par année sur trois ans pour une hausse globale de 1500 $. «Mais ce qui a été proposé est bien pire, mentionne le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin. On peut facilement parler ici de l’augmentation la plus importante que le Québec n’ait jamais connu.» La hausse prévue par le budget totalise 1625 $.
 
Cette hausse de la facture étudiante a été adoptée dans le but de regarnir les coffres des institutions. Le «Plan de financement des universités québécoises» prévoit un bond de 25% des revenus des universités d’ici 2017, soit 850 millions de dollars. 
Lueur d’espoir?
Afin d’encadrer les hausses, le budget du ministre des Finances Raymond Bachand propose une bonification du régime de prêts et bourses. Line Beauchamp, ministre de l’Éducation, a d’ailleurs ajouté que le programme sera plus généreux pour les étudiants démunis, alors que 35 % des revenus générés par la hausse seront réinvestis dans le programme d’Aide financière aux études. «C’est de la poudre aux yeux, une vaste mascarade pour masquer une injustice, s’exclame Gabriel Nadeau-Dubois. Nous ne sommes pas naïfs et on refuse d’accepter leurs bonbons.» 
 
Pour le vice-secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TACEQ), Joël Pedneault, l’aide financière du gouvernement libéral ne diminuera pas le fardeau des étudiants. «Une contribution fiscale des entreprises et des dons volontaires des particuliers auraient concrètement arrangé les déboires financiers des universités», soutient-il.
 
Pour venir en aide aux étudiants, le seuil de contribution parentale sera toutefois réajusté à 35 000 $ en 2016-2017, une augmentation  de 5 000 $. Ainsi, les parents qui gagnent moins de 35 000 $ ne seront plus tenus de contribuer aux études de leurs enfants. Le nombre d’étudiants qui bénéficieront de l’Aide financière aux études pourrait potentiellement augmenter. Selon une note d’information de la FEUQ dévoilée le 10 mars dernier, 40% des étudiants qui devraient recevoir une aide financière de leurs parents n’y ont pas accès en réalité. «Une fois de plus, Jean Charest manipule les étudiants car il va falloir attendre six ans avant que ce seuil soit réajusté, dénonce Louis-Philippe Savoie. Avec la majoration du coût de la vie, on ne peut plus parler de bonification.» 
Déclaration de guerre
«Ce budget est une déclaration de guerre envers les étudiants, annonce clairement le secrétaire aux communications de l’ASSE. Dès demain, nous comptons mettre de la pression et nous mobiliser comme jamais auparavant.» 
 
Une manifestation aura lieu le 18 mars devant l’hôtel Hilton-Bonaventure où le ministre Bachand présenter son budget à la Chambre de commerce. Une manifestation nationale organisée par l’ASSE se déroulera également le 31 mars prochain dans les rues de Montréal. Les étudiants profiteront de ce rassemblement pour lancer un message clair au gouvernement libéral: il doit faire marche arrière sur son projet de hausser les frais de scolarité. «Sinon, dès l’automne prochain, des actions concrètes vont être mises en place, ajoute le vice-secrétaire général de la TACEQ. Ce qui est sûr pour le moment, c’est que l’année prochaine ne sera pas calme.»

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